SCÈNE XII
Les Précédens, LA COMTESSE.
LA COMTESSE , at^ec empressement.
Ah! mon ami! que je suis contente de vous voir... j'avais beau presser les postillons... jecraignais toujours d'arriver trop tard., [avec intérêt). Ekbiea! comment vous trouvez-vous?..
EDOUARD, étonné.
T^onftnent. . . je me trouve !
LA COMTESSE
Oui... il paraît que ce^a. va mieux et que c'est passe'. .
En ve'riié. .. je ne vous comprends pas !
LA COMTESSE
Pourquoi me regardez-vous d'un air étonné... vous voyez bien que je suis instruite... on m'a tout dit... on a eula^bonté de me prévenir...
ÉPOUARD.
Par exemple!..
LA COMTESSE
Voyez plutôt... ce billet écrit à la hdte et au crayon.. Vous m avei tait une peur! . . .
EDOUARD, lisant.
y> Ne perdez pas de temps, madame... votre mari est en « ce moment dans le plus grand danger. »
{Pendant ce temps, Frontin , donne des sisnes d'intelligence ou étoiiffe des éclats de rire ).
Qui diable s'intéresse donc aussi vivement à. ma santé "'... Et d ou vous vient cet avis charitable...
LA COMTESSE
Il a été apporté par un jeune villageois monté sur im cheval de votre écurie et il est reparti au galop , sans qu'on ait pu lui demander aucun déatil. -
EDOUARD, déconcerté.
Frontin?... y comprends-tu quelque chose.
FRONTIN , bas.
Moi , monsieur , je m'y perds?
. LA COMTESSE, wec intérêt,
è en. étais sûre...
jÀxr '..De Caroline.
Lorsque je vous quitte un seul jour, Pour vous , hélas ! je crains sans cesse Quelque malheur que votre amoiir' Von Irait cacher à ma tendresse.
A mon repos, daignez songer, Car vous seul pourriez le détruire.
Si vous étiez dans le même danger, Pronçiettgz-iupi, (^e.me le dir;« ?
FRONTIN
Ahl pour ça , madame la Comtesse , ie m'en charge.
(24) LA COMTESSE
Heureusement que ce n'ëtait qu'un léger accès . . .
EDOUARD
De migraine... ah! mon dieu .. pas autre chose... et cela ne valait pas la peine... qu'on vous avertit...
FRONTIN
Si fait... si fait... ra serait devenu peut-être plus sérieux que vous ne croyez .. Vous rappellez-vous , monsieur , il y a eu un moment où vous n'étiez pas à votre aise... ni moi non plus... J'ai eu peur !
EDOUARD , impatienté.
Allons , brisons là... (à la comtesse). Voulez-vous faire un tour de promenade?...
LA COMTESSE
Non... Je ne suis pas encore remise de l'émotion que j'ai éprouvée... et j'aime mieux rentrer dans mon appartement. EDOUARD , à part.
Ah mon dieu!.. ( haut ). Ma bonue amie... je voudrais vous dire...
LA COMTESSE
Eh bien!., qu'avez-vous donc...
EDOUARD, ôa^ à Frontin.
Frontin... tire moi de là...
FRONTIN , .se mettant devant la porte.
Je suis sûr que madame la Comtesse ne s'attend pas à ce qu'elle va trouver dans sou appartement... La plus jolie petite femme...
LA COMTESSE , à Edouard.
Une femme chez moi... eu mon absence.
FRONTIN
C'est moi qui ai pris la liberté de l'amener au château...
EDOUARD , bas à Frontin.
C'est bien (haut). Comment!,, vous vous êtes permis... Qu'est-ce que cela signifie?., quelle est cette femme?..
FRONTIN
La mienne, monsieur...
EDOUARD , à pari.
Que veut-il dire ?
FRONTIN
Oui, monsieur... ma propre femme... que j'ai épousée, il eSt vrai, sans vous en prévenir... Je savais, que quoique payé pour aimer le mariage , monsieur le Comte ne voulait à sou service que des célibataire*.
(25) EDOUARD
Eh bien?
J'avais rencontre au petite fille cliarmante , aimaWe , ingénue... et fort riche... Uu bon parti .. la nièce de madame Gervais, une fermière de ce village .. Je l'avais amenée ici en l'absence de madame^ je compuiis la lui pre'senter à son retour en qualité de femme de chambre... puisque madame en a besoin d'une, cl que monsieur, qui prévient tous les désirs de madame, m'avait chargé d'y pourvoir . Voilà l'exacte vérité, et j'ose espérer que ce que je viens de faire m'obtiendra l'agrément de madame , et surtout l'approbation de monsieur. EDOUARD , à part.
Ce drôle là... ment avec une facilité vraiment effrayante.
LA COMTESSE
Quoi , mon ami , vous vous étiez occupé de me procurer une femme de chambre... Vous pensez à tout.
Air : Vaudville d^une Fisite à Bedlam,
Mon ami. . . quel soin touchant.
Quelle lendi esse constante; Que Frontin me la présente, Je veux la voir à i'instant.
FRO^fTIN , à part.
Malgré to'ij mes droits ncquis, Va ma légitima {Ininme , C'est eTi fraiide, que je puis, Ltie l'époux de ma femme.
LA COMTESSE
Mon ami quel soin , etc.
{La comtesse entre dans son appartement ^ Frontin /« suit en faisant des signes d'intelligence à son maître ).