‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 208 sur 232 · FRÉDÉRIC, GERTRUDE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC, GERTRUDE

GERTRUDE j avcc 'volubiHté.

Ah! vous voilà, mon cher arui ! eh bien, comment avezvous trouvé votre maître? mal, n'est-ce pas? ça n'est pas étonnant : ce pauvre jeune homme , après avoir tenu tête à dix brigandSf.. je suis sûre qu'il n'a pas fermé l'œil , c'est comme moi, je n'ai rêvé que voleurs... trahisons, coups de pistolets...

FRLDLRIC.

Pardonnez-moi, mademoiselle Gertrude , mon maître à très bien dormi...

GERTRUDE

Mais vous-même , vous paraissez mal à votre aise. t ;

FKÉDÉEic , à part.

Je crois bien, je suis à jeun depuis vingt-qualre heures.

GERTRUDE

Ah! je conçois... rémolioii... c'est comme moi, rien que d'avoir vu M. Velouté dans un pareil désordre... ça ma lonrné le sang : aussi je suis changée... mais changée... parce que sans être de la première fraîcheur.... je vous prie de croire que ron a encore des jours...

FRÉDÉRIC; d'un air galant.

Comment donc ? mais mademoiselle Gerlrude... certainement , il y il des rosfes des quatre saisons...

a^v.'VF.VDV , soiipii'ant.

Des roses! ah ! c'est d'une délicatesse !... {A part. ) Je vais enfin savoir le nom de noire jeune inconnu. {Haut. ) Je n'ai pas encore eu l'avantage d'entrevoir monsieur... monsieur... Ahl mon dieul le nom de votre mailre m'est échappé...

FRÉDÉRIC , mystérieusement.

Chut ! c'est un secret.

GERTRUDE

TJn secret!

FRÉDÉRIC

Si je le trahissais, je serais perdu...

GERTRUDE , à part 3 le regardant.

Ah! mon Dieu! si c'était... (^liaut.) Et le vôtre est sau» doute aussi un mystère?...

FRÉDÉRIC

Oh! moi !... je me nomme Lajonquille.

GERTRUDE

Lajonquille !

FRÉDÉRIC f lui prenant la main.

Oui, aimable Gerlrude ! ce nom est l'emblème de la modestie de mes prétentions... et si j'étais assez heureux pour... rencontrer... la fleur... dont le parfum...

GERTRUDE, enchantée.

La fleur 1... il est charmaiil !

FRLDÉRIC.

Dites-moi... monsieur Velouté attend un gendre?...

GERTRUDE, à part.

Nous y voilà... {Haut. ) Il devrait déjà être ici !

FRÉDÉRIC

Et que pensez-vous de ce jeune homme? je désirerais avoir quelques renseignemens...

GERTRVDE.

Oh î à cet égard y je puis toai vous dire...

FRÉDÉRIC , rt /jarf.

Je la tiens....

GrRTRCDE.

Air : Vers le temple de V Hymen, D'abord je vous dirais bien Son pays... mais j« l'ignore j Et iur sa fortune encore , Francbeineiit je ne sais rien; J'ignore quel esl son jière.

Son âge, ce qu'il sait taire:

Pour son nnra, c'est un mystèro Que mon maître nous cacha.

Quant au reste . on peut le dire , Et je veux vous en instruire...

Sitôt qu'oti me l'apiirendia.

FRr'uÉP.ic, à part.

Que le diable l'emporte! me voilà bien avancé. {Haut. ) Quoi ! jusqu'à son nom?

GERTRUDE

Saprélendue elle-même ne le sait pas... C'eslune bizarrerie de M. Velouté... d'ailleurs foi t bon tiomme... excellent père... mais qui est un original de la première force... Il prétend, qu'en fait de mariage, il n'y a que les impromptu qui réussissent... Au surplus nous ne tarderons pas à voir le jeune homme ; je viens d'envoyer à l'auberge où il devait descendre. FRÉDÉRIC, à part.

Ah ! diable!... courons prévenir Alphonse...

Lei Tolçiirs supposés* a

GERTEUDE , à part.

Il a tressailli.... (ZTaMf.) Qu'avez-vous donc ? M; Lajon-. quille?

FRÉDÉRIC

Rien, mais mon maître qui m'appelle...

CERTRUDE.

Pu tout..*

FREDERIC

Si fait... {Répondant.) Voilà ! Monsieur. Nous reprendront cet aimable entretien, ciiarmanle Geilrude.

Air : Adieu , je vous fuis , lois charmant: Je sens déjà que mon destia Dépend de tous...

CERTRUDE , à part.

Dieux, quel langage!

( Haut. ) Je tais vous attendre au jardiu.

FRÉDÉRIC, tendrement.

' L'office me plaît d'avautage...

( A part. ) Quel rôle, télas! parler d'amour, Séduire de pareils visages...

Bien que pour lui faire la cour.

Ou devrait me doubler mes gages.

( Il sort. )

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