FRÉDÉRIC, GERTRUDE
GERTRUDE j avcc 'volubiHté.
Ah! vous voilà, mon cher arui ! eh bien, comment avezvous trouvé votre maître? mal, n'est-ce pas? ça n'est pas étonnant : ce pauvre jeune homme , après avoir tenu tête à dix brigandSf.. je suis sûre qu'il n'a pas fermé l'œil , c'est comme moi, je n'ai rêvé que voleurs... trahisons, coups de pistolets...
FRLDLRIC.
Pardonnez-moi, mademoiselle Gertrude , mon maître à très bien dormi...
GERTRUDE
Mais vous-même , vous paraissez mal à votre aise. t ;
FKÉDÉEic , à part.
Je crois bien, je suis à jeun depuis vingt-qualre heures.
GERTRUDE
Ah! je conçois... rémolioii... c'est comme moi, rien que d'avoir vu M. Velouté dans un pareil désordre... ça ma lonrné le sang : aussi je suis changée... mais changée... parce que sans être de la première fraîcheur.... je vous prie de croire que ron a encore des jours...
FRÉDÉRIC; d'un air galant.
Comment donc ? mais mademoiselle Gerlrude... certainement , il y il des rosfes des quatre saisons...
a^v.'VF.VDV , soiipii'ant.
Des roses! ah ! c'est d'une délicatesse !... {A part. ) Je vais enfin savoir le nom de noire jeune inconnu. {Haut. ) Je n'ai pas encore eu l'avantage d'entrevoir monsieur... monsieur... Ahl mon dieul le nom de votre mailre m'est échappé...
FRÉDÉRIC , mystérieusement.
Chut ! c'est un secret.
GERTRUDE
TJn secret!
FRÉDÉRIC
Si je le trahissais, je serais perdu...
GERTRUDE , à part 3 le regardant.
Ah! mon Dieu! si c'était... (^liaut.) Et le vôtre est sau» doute aussi un mystère?...
FRÉDÉRIC
Oh! moi !... je me nomme Lajonquille.
GERTRUDE
Lajonquille !
FRÉDÉRIC f lui prenant la main.
Oui, aimable Gerlrude ! ce nom est l'emblème de la modestie de mes prétentions... et si j'étais assez heureux pour... rencontrer... la fleur... dont le parfum...
GERTRUDE, enchantée.
La fleur 1... il est charmaiil !
FRLDÉRIC.
Dites-moi... monsieur Velouté attend un gendre?...
GERTRUDE, à part.
Nous y voilà... {Haut. ) Il devrait déjà être ici !
FRÉDÉRIC
Et que pensez-vous de ce jeune homme? je désirerais avoir quelques renseignemens...
GERTRVDE.
Oh î à cet égard y je puis toai vous dire...
FRÉDÉRIC , rt /jarf.
Je la tiens....
GrRTRCDE.
Air : Vers le temple de V Hymen, D'abord je vous dirais bien Son pays... mais j« l'ignore j Et iur sa fortune encore , Francbeineiit je ne sais rien; J'ignore quel esl son jière.
Son âge, ce qu'il sait taire:
Pour son nnra, c'est un mystèro Que mon maître nous cacha.
Quant au reste . on peut le dire , Et je veux vous en instruire...
Sitôt qu'oti me l'apiirendia.
FRr'uÉP.ic, à part.
Que le diable l'emporte! me voilà bien avancé. {Haut. ) Quoi ! jusqu'à son nom?
GERTRUDE
Saprélendue elle-même ne le sait pas... C'eslune bizarrerie de M. Velouté... d'ailleurs foi t bon tiomme... excellent père... mais qui est un original de la première force... Il prétend, qu'en fait de mariage, il n'y a que les impromptu qui réussissent... Au surplus nous ne tarderons pas à voir le jeune homme ; je viens d'envoyer à l'auberge où il devait descendre. FRÉDÉRIC, à part.
Ah ! diable!... courons prévenir Alphonse...
Lei Tolçiirs supposés* a
GERTEUDE , à part.
Il a tressailli.... (ZTaMf.) Qu'avez-vous donc ? M; Lajon-. quille?
FRÉDÉRIC
Rien, mais mon maître qui m'appelle...
CERTRUDE.
Pu tout..*
FREDERIC
Si fait... {Répondant.) Voilà ! Monsieur. Nous reprendront cet aimable entretien, ciiarmanle Geilrude.
Air : Adieu , je vous fuis , lois charmant: Je sens déjà que mon destia Dépend de tous...
CERTRUDE , à part.
Dieux, quel langage!
( Haut. ) Je tais vous attendre au jardiu.
FRÉDÉRIC, tendrement.
' L'office me plaît d'avautage...
( A part. ) Quel rôle, télas! parler d'amour, Séduire de pareils visages...
Bien que pour lui faire la cour.
Ou devrait me doubler mes gages.
( Il sort. )