‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 34 sur 232 · PEDRO, DIEGO · texte numérisé non relu

PEDRO, DIEGO

Diego sort avec précaution de la maison de Gusman ; la nuit vient

peu àpeu.

FEDRO.

C'est toi!.. Eh bien? ^ \

DIEGO

Chut !. Grâces au trouble quiicgne dans la maison, je me suis glisse' parmi lis valets taîidis qu'on servait le souper... Ah ! monsitMir, le beau souper !.. Eu le voyant , )'ai scati nu: les Jarises m'm venaient aux yeux !

FhDRO.

Acliève , je t'en conjure !

DIEGO

On sorî de table; les patents, les amis sont déjà partis par le jardin , eî chacun se relire dans son appart. ment. Une petite soubrette de seize à dixsept ans, qui me paraît tout-à-Lit compatissante, m'a fait parler à votre belle El vire.

PEDKO , vh'ement.

Tu l'as vue ?

diÉgo.

Toute tremblante des projets de Gusm^n; notre intrigant a si bien profité de la sotte crédulité de votre oncle, qu'il est parvenu à lui pirsuader qu'on pouvait se passer du consentement du Vice Roi, et le mariage est fixé à demain.

Demain... il ne s'accomplira pas!..

DIEGO

Non, morbleu, il ne s'accomplira pas !..

PEDRO

Dusse je y perdre la vie!

DIEGO

Dussé-je y perdre mon nom !.. Je suis aussi intéressé que vous à démasquer ces deux fourbes: la petite servante me revient de droit, et si je n'y mettais ordre, je suis sûr que M. le gouverneur, malgré sa grave dignité , fiuirait par s'en accommoder.

PEDRO

IMdis, au- moins , as-tu rassuré mon Elvire ? lui as-tu peint mou amour, mes tourments ?

die'go.

Elle n'espère plus qu'en vous. Je l'ai prévenue que vos amis étaient en ce moment ch; z!e corrc-gidor , pour l'informer des exploits de nos fripons j in^i-. tout cela ne la rassure pa-j. Elle voudrait vous voir, vous parler.

P^DBO.

Lui p.irler !.. mais comment ?

die'go , montrant la fenêtre du rez-de-chaussée. Elle va vemr à cette fenêtre.

pe'dro , vivement.

Est-i! possible?

die'go.

Toute la maison sera bientôt enJor:nie; 1j petite servante lui procurera une clef de la jalousie.

PEDRO'

Quoi! c'est d'elle-même ?..

E'Ie faisait bien quelques difficultés ; mais j'ai combattu des scrupules bors de saison , et je l'ai décidée...

PEDRO , l'embrassant.

Ah! mon ami, mon sauveur!

DIEGO , r^phhment.

A uiinii.t, c'c->t l'heure cuuvanie !.. Vous raveitire2 avec votre guitare.

A INÎaiîi iù, mu; sérénade n'cvci'le pas les soujçons ; cependant , pour plus do sûrelc, nous uous ferons accomp.Tguer ds tiois ou quaire amis bieu armes.

rEDRO.

Bïiiis r[uel parti lui proposer !... Gomment la soustraire au sort qui 1.% Eieuarc ?... Le corre'gidor est absent : j'ai laiscéMorillos pour allcndre son xctonr ; et jusque-là ....

DILGO.

Ma loi , seigneur, les grands moyens... un enlèvement!

PEDRO

l\îâll)ciireux !... un enlèvement !... lorsqu'elle se fie à ma loyauté . à mon tonneur !

DIEGO

Mon Dieu! il n'y a qu'une tournure à donner aux choses!... Ceci ne sera pas nu enlèvement, si vous voulez. Vous lui proposerez de la conduire chezl'opouse du seigneur Morillos ; elle y sera ignorée et sans danger pour sa répulaliun , jusqu à ce que le corrégidor ail lait pendre le prince du Pérou.

péduo.

Eu effot , cete idée ne peut lui déplaire j la maison de Morilles est un asile respectable.

DIEGO

La nuit s'avance... Allons, monsieur, vite à l'exécution.

PEDRO

Je rentre cliezmoi pour prendre une guitare.

die'go.

Moi, je vais chercher du renfort pour protéger l'espéJitioD.

PEDRO

A minuit !

DIEGO

Sous cette fenêtre !

C'est entendu !

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