PEDRO, DIEGO
Diego sort avec précaution de la maison de Gusman ; la nuit vient
peu àpeu.
FEDRO.
C'est toi!.. Eh bien? ^ \
DIEGO
Chut !. Grâces au trouble quiicgne dans la maison, je me suis glisse' parmi lis valets taîidis qu'on servait le souper... Ah ! monsitMir, le beau souper !.. Eu le voyant , )'ai scati nu: les Jarises m'm venaient aux yeux !
FhDRO.
Acliève , je t'en conjure !
DIEGO
On sorî de table; les patents, les amis sont déjà partis par le jardin , eî chacun se relire dans son appart. ment. Une petite soubrette de seize à dixsept ans, qui me paraît tout-à-Lit compatissante, m'a fait parler à votre belle El vire.
PEDKO , vh'ement.
Tu l'as vue ?
diÉgo.
Toute tremblante des projets de Gusm^n; notre intrigant a si bien profité de la sotte crédulité de votre oncle, qu'il est parvenu à lui pirsuader qu'on pouvait se passer du consentement du Vice Roi, et le mariage est fixé à demain.
Demain... il ne s'accomplira pas!..
DIEGO
Non, morbleu, il ne s'accomplira pas !..
PEDRO
Dusse je y perdre la vie!
DIEGO
Dussé-je y perdre mon nom !.. Je suis aussi intéressé que vous à démasquer ces deux fourbes: la petite servante me revient de droit, et si je n'y mettais ordre, je suis sûr que M. le gouverneur, malgré sa grave dignité , fiuirait par s'en accommoder.
PEDRO
IMdis, au- moins , as-tu rassuré mon Elvire ? lui as-tu peint mou amour, mes tourments ?
die'go.
Elle n'espère plus qu'en vous. Je l'ai prévenue que vos amis étaient en ce moment ch; z!e corrc-gidor , pour l'informer des exploits de nos fripons j in^i-. tout cela ne la rassure pa-j. Elle voudrait vous voir, vous parler.
P^DBO.
Lui p.irler !.. mais comment ?
die'go , montrant la fenêtre du rez-de-chaussée. Elle va vemr à cette fenêtre.
pe'dro , vivement.
Est-i! possible?
die'go.
Toute la maison sera bientôt enJor:nie; 1j petite servante lui procurera une clef de la jalousie.
PEDRO'
Quoi! c'est d'elle-même ?..
E'Ie faisait bien quelques difficultés ; mais j'ai combattu des scrupules bors de saison , et je l'ai décidée...
PEDRO , l'embrassant.
Ah! mon ami, mon sauveur!
DIEGO , r^phhment.
A uiinii.t, c'c->t l'heure cuuvanie !.. Vous raveitire2 avec votre guitare.
A INÎaiîi iù, mu; sérénade n'cvci'le pas les soujçons ; cependant , pour plus do sûrelc, nous uous ferons accomp.Tguer ds tiois ou quaire amis bieu armes.
rEDRO.
Bïiiis r[uel parti lui proposer !... Gomment la soustraire au sort qui 1.% Eieuarc ?... Le corre'gidor est absent : j'ai laiscéMorillos pour allcndre son xctonr ; et jusque-là ....
DILGO.
Ma loi , seigneur, les grands moyens... un enlèvement!
PEDRO
l\îâll)ciireux !... un enlèvement !... lorsqu'elle se fie à ma loyauté . à mon tonneur !
DIEGO
Mon Dieu! il n'y a qu'une tournure à donner aux choses!... Ceci ne sera pas nu enlèvement, si vous voulez. Vous lui proposerez de la conduire chezl'opouse du seigneur Morillos ; elle y sera ignorée et sans danger pour sa répulaliun , jusqu à ce que le corrégidor ail lait pendre le prince du Pérou.
péduo.
Eu effot , cete idée ne peut lui déplaire j la maison de Morilles est un asile respectable.
DIEGO
La nuit s'avance... Allons, monsieur, vite à l'exécution.
PEDRO
Je rentre cliezmoi pour prendre une guitare.
die'go.
Moi, je vais chercher du renfort pour protéger l'espéJitioD.
PEDRO
A minuit !
DIEGO
Sous cette fenêtre !
C'est entendu !