‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 46 sur 232 · L ALGUAZIL · texte numérisé non relu

L ALGUAZIL

Son allesse!... de quelle aUrsse voulfz-vous me parler?

GUSMAN, montrant Raphaël.

Mais du prince !

l'alguazil.

Lui !... c'est mon neveu , un 'riiauv'ais sujet qui a fait mille folies.

GUSMAN^ se frappant le front.

Mise'ricorde!

RAPHAËL, troublé.

î^e croyez pas... Jevais vous expliquer..

l'alguazil.

Oserais-tu me renier ?

RAPHAËL

Mon Dieu I je ne dis pas cela.

GUSMAN

C'est donc votre oncle !

BAi^AEL , embarrassé.

C'est-à-dire... jusqu'à un certain point. Vous savtz que dr.ns les plus grandes familles... il y a des mésalliances... c'est que , voyez-vous , mon père avait une sœur qui e'iait... ma tante... et le cousin... à la suite d^un mariage... vous comprenez?... un hymen clanjestiu... mais du rtste , ça ne me regarde pas , je m'en lave les mains ; faiîes de nieme... nous serons toujours tons amis , et ça ne m'empêchera pas d'épouser votre fille.

GUSMAN

Brrrr !.., on ne me trompe pas trois, fois... j'y vois clair à la fin. M." l'alguazil , vous me répondez de ces denx coquins-là , et je veux qu'un bon procès m'en fasse raison.

pe'dro.

Mon oncle , y pensez- vous ? ( A l'algiiazii. ) Seigîjeur alguazil , cet e'clat peut nous compromettre et livrer mon oncle aux plaisanteries, aux brocnrds de la cour; par égard pour nous , pour notre famille., pour vousuiéme... ne donnez point de suite à cette cxphcaiion.

GUSMAN

Ta veux que !a justice..

PEDRO , souriant.

Eh ! bon Dieu! !a justice est bien sûre de retrouver ces messieurs. ( jâ l'alguazil.] Un peu de générosité,' mon oncle vous en conjure!

GUSMAN, vwemént.

Moi ! pas du tout ^ je ne dis rien .

PEDRO

5i fait, je connais son bon cœuv. ( ^ Valgucizil. ) Emmenez ce cher îievcu... faites-lui la morale... qutlquesmois de iéd\i.i\ov\. {En souriant, ; I! fj ut cela à la jeunesse.

L'A<,'enturicr. 5

l'alguazil.

0!i ! ie ne le quitte plus !.. J'espère bien le ramener à des sentiments... Mon petit Kaphaèl, ne nous donne plus de chagrin : viens embrasser ton pèrel

BAFHAEL.

Vous le voulez tous ?.. ( prenant un air dégagé. ) Allons , mon clier Gusman, je vois que vous renoncez à mon alliance , je serai peut-être plus heureux une autre fois : vous allez unir ces aimables enfants... c'est très bien... il ne faut pas contrarier les inclinations : quittons-nous, bons amis... Dites donc... si vous venez jamais au Pérou , mon palais est le vôtre, aumoins.

GUSMAN

£h I morbleu !

KAPHAEL.

Ah ! nous nous brouillerons , si vous allez loger ailleurs. De'sespére' de ne point assister à la noce ; mais je suis presse' de revoir mon pays , mon père, le cousin l'apothicaire., et toute la famille du vice -roi.. Ne vous dérangez pas, je vous en prie. ( A Pedro, ) Au revoir, petit cousia !.. Don Carlos , allez faire préparer les relais.

n sort, l'alguazil , le suivant avec ses gens.

Dieu soit loué!... nous ie tenons enfin... nous saurons bien le guérir de sa folie !

basque , à Morales qui s'en va aussi.

Monseigneur m'enverra- t-il à sa terre, ou bien !...

MORALES, en sortant.

Au diable.

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