SCENE IIÎ
Les Mêmes, RAYMOND, vêtu en Ermite avec un capuchon et une Longue barbe , paraît du côté opposé.
Même air.
CLAIRE et BLAISOT.
Bon Ermite, [bit.) Ouvrez, etc.
RAYMOND
I Chez l'Ermite (^bis.) < Que veut-on? (^bis.)
5 ^ Regardant Claire.
L'aimabie visite , Pour un cénobite !...
La cloche.
Din , din , don.
RAYMOND , déguisant sa voix.
Me voilà, me voilà , mes enfants.
BLAISOT , se retournant.
Quand je l'disais qu'il e'tait allé voir des malades en ville... j'aurions ben sonne' jusqu'à demain.
RAYMOND
Que veut ce petit paysan ?
BLAISOT , choqué.
Paysan... Il s'y connaît ! {Avec importance,) Tsuh araBassadeur dctreshautjtrès puissant,lrèsnobleettrèsilltisliv sire Baudouinmon maître qui m'a dépite'... pour vous dire que l'honucur qu'il vous fait, que vous li faites... que nous vous faisons... il m'a dit de vous dire qu'il a!laitvenir...et quesi vous étiez sorti... queic vous dise... et que vous , Monsieur l'Ermite... il viendra vous le dire... enfin c'est clair. J'espère que le p'tit paysan s'acquitte joliment de sou message.
RAYMOND
Le sire de Contades... ce vieux baron dont on aperçoit le châtel iur la colliue... il est riche, diies-vous ?
CLAIRE
Oh ! très riche !
Puissant ?
Très puissant !
RAYMOND
BLAISOT
RAYMOND
Je le recevrai avec plaisir; ma porte est ouverte à tout le monde sans di.stiiictiou de rang ni de fortune... Et savez-vous ce qu'il attend de moi ?
BLAISOT
Quelle question ! vous qui devinez tout... vous d\ez ben Toir qu'il s'agit d'son amour avec la belle Aliue.
RAYMOND
Sa pupille !... je m'en doutais... il veut l'épouser?
CLAIRE
C'est ça, et comme mon raitiapje avec Blaisot doit se célébrer le même jour que celui d'M mseig enr, fau'lrait faire en sorte... RAYMOND, regardant Claire.
Ahl ah ! cette jolie enfant est la future?
CLAIRE
Oui, M. l'Ermite.
BLAISOT, fl! Claire qui s'approche.
N'I'approche donc pas tant... rien qu'en te parlant^ il est capable d'taire envoler l'amour que t'as pour moi. CLAIRE , riant.
Ohl comme t'es peurenK !
RAYMOND, à part.
Cette petite est vraiment fort bien. ( Haut. ) Comme je vous le disais, mon enfant, ma porte est ouvertf^ à tout le munie. ,, et si je puis vous être utile. ( /i part. ) Hum ! le juli bras I ( Haut, ) Mes piiucipcs connus doivent vous tranquilliser.
BLAISOT , la tirant.
Prends garde , j'te dis.
CLAIRE
Eh î laisse donc , j'suis sûre de moi !
BLAISOT
13ah !... toutes les femmes disent la même chose : J^siiîs sûre de
moi , et puis l'instant d'après... allez donc. Tiens, quand j'entends prononcer ce mot là : Je suis sùic de moi... ça m'fait trembler d'ia lêie aux pieds.
RAYMOND
Mais, mon ami...
BLAISOT
Suffit , M. l'Ermite... J'o^avons rien à de'niêler ensemble... Claire m'aime , je l'aime... porUzvons bien et nous aussi.
BAYMOND,
Oiii-dà !... Peut-être avant la fin du jour viendrez-yous implorer mes secours.
BLAIbOT.
Nous ?
CLAIRÏ.
Neiini! nennil
Air : En retournant au village.
Jamais ces lieux , nj
Bon Ermite,
Ne nous vei roiit tous deux,
Moins amoureux,
C'est pour jamais qu'on vous quitte,
Recevez nos adieux.
Montrant Blaisot.
Il ne sera point volage ,
Il a juré de m'aiiuer toujours bien.
BLAISOT
^ Elle a juré d'être sage.
RAYMOND
Il ne faut jurer de rien,
BLAISOT et CLAlaE.
Jamais ces lieux , etc.
»J 1 RAYMOND
CQ )
^ < Maint amoureux
W j Part bien vite ,
^ 1 Plus vile encor il revient en ces lieux ;
^ M Et pour jamais à l'Ermite,
On ne fait ses adieux.
Blaisot et Claire sortent.