SCÈNE V
RAYMOND , AMAUUY, velu en simple damoisel,
AMAURY, sans voir Raymond.
Voilà bien le chemin que m'a indiqué la petite Claire.
aAYMOND, à part.
Je ne me trompe pas... c'est lui... c'est le brave et galant Amaury...
AMAURY, de même.
Essayons d'abord de gagner cet Ermite merveilleux... cela ne me sera pas difficile, ce doit être un fripon.
U Ermite. 2
(lO)
RAYMOND, h part.
Ce que c'est que le pipsscntimenl!
AMAURY, l'apercevant.
Le voici!...
Il salue Raj'mond qui lui fait signe d'approcher.
Air : ^u rocher de SaiiiL- Amélie.
Vénérable solitaire , "Viens à vous dans le malheur j Par un conseil salutaire , Daignez calmer ma douleur.
Mais d'un mal sans espérance.
Pourquoi vous entretenir?
L'amour cause ma souffrance, Et je craindrais d'en guérir.
RAYMOND , à part.
Comme il a pris le ton sentimenlal... il a quelque femme à' Iromper ! ( Haut.) Jeune horame , toute ma science est à votre service j mais quel est votre nom, votre rang?
AMAURY
Mon nom est Olivier... mon rang simple eciiyer!
RAYMOND
Simple écuyer!
AMAURY
Air : Mon galoubet.
Rien n'est plus vrai : (his.) Oui , c'est Olivier qu'on me nomme.
Ce n'est pas vous qu'on tromperait j Je suis «m simple écuyer... comme "Vous êtes un saint et digne homme.
RAYMOND , vivement.
Ça n'est pas vrai [bis.)
AMAURY , le regardant Voilà qui est singulier !
RAYMOND
On ne m'en impose point ; mon art m'apprend que vous êtes un noble chevalier, aussi renomme' par ses brillants faits d'armes que par ses amoureuses perfidies.
AMAURY
AL ! je puis vous jurer , mon père , que j'aime pour la première fois.
RAYMOIfD.
Pour la première fois?...
Air : Du Major Palmer.
Rappelez-vous Rosemonde , Souvenez-vous de Clara.
AMAURY , étonné.
Quelle science profonde !
D'où peut-il savoir cela ?
KAYMOND.
Et celte naïve Estelle , Avez-vous pu Toublier?
Vous juriez de n'diuiei qu'elle.
AMAURY , plus surpris.
Plus de doute , il est sorcier.
RAYMOND
Celte veuve inconsolable, Que vous consoliez si bien , A donc cessé d'être ainiiibi'e ?
AMAURY , de même.
C'est un savant nia^iclea!
RAYMOND
Cette troupe si jolie , Du sérail du grand-seigneur,
AMAURY
Devant vous ]e ni'humilie .
Noble etpuissan enchanteur,
RAYMOND
Et la sultane coquette.
De ce paclia si jaloux .^
A-JACRT , s'înclinant.
Du ciel, divin interprèle, Je me jette i vos genoux, {his) KAYMOND, ùlani sa burbe.
Et Raymond" est devant vous ( biî.)
AMAURY, se relevant vivemenL Comment, c'est toi, coquin ?
. F.AYMONDt
Ah . vous me reconnaissez donc enfin ?
,j AMAURY.
^Iser;;; ^ ^"'^' '^'^ ^^"""^^'^ ^^^ ''''''^'' '^"^oauéHu peux
„ , . KAYMOND.
Parlez, je vous suis dévoué.