SCENE H
Les Précedenles , LOURDOUFF , le comte de VALBERG , CHARLES, qui se tient à L'écart.
LOURDOBFF.
Non , mon cher Geucial, vous ne passerez pas ainsi devant mon château ; c'est aujoiird'lini mcine que je me miiie, aujourd'hui à minuit , il ftUidra bien que vous assistii z h m,i noce j et voilà ma femme, madame Lourdorif, qui va joiiidtf ses instances aux umnncs... { /^erinance fait la révérence.) iMesdamcs, j'ai l'honneur de vous présenter le i"eld-maréchal comte de Valbcrg, nioa prolecteur.
LE COMTE
Dites, votre ami.
HERMANCE , bas à Nancj.
C'est l'oncle d'Adolphe.
NANCY
Je le sais bien...
HERMANCE
Cet oncle si seVère.
NANCY
Je l'ai vu.,.
LE COMTE
Certainement, ce que je vois ici serait bien fait pour m'arrê'er.. si je n'avais, mon cher Lourdoift', des affaires de la dernière importance... Char.es... demandez des chevaux.
CHA!:LES
- Oui, General.
LOURDORFF.
Et dites à Saussmann , mon concierf^e, df venir... j'ii à lui parler. ( Charles sort. ) AIi .' ci , General, quelles peuvent être les raisons d'un départ asssi pro npt?
LE COMTE
Oh ! ce sont dis raisons. .. dis laiîOns frès exfraorlinairf^... Ces dames et vous, pourrez en j'i^er... D'aiileurs, mainteiiiut que j'y pense , je ne serai p -s fàclié d ■ vous demander d^s ren>oigii mejils sur un événement dont vous avez été le témoin I... J'avais un ncven rhani.ant l'orgueil de sa fanùl e.... l'pspuir de son
P^ys Adolphe dé Valberg, dont vous avez peut-être eiiteudii
parler?...
HERMANCE, baissant les yeux.
Oui... oui... Monsieur...
NANCY , à part, 0 ! mon Dieu!
D-^'priis loric-temps.... îe méditais pour lui, à Vienne, un mariage sii[>eib( .... lit CiWc du luinislie ... J'écris à Adolphe,... Monsieur rf'fn^e.... il était aimé, disait-il, d'une jMine personne cbaruiaitte.... dont j'ignore ie non».... il l'aJorait.... sous piélexte qu'elle lui avait jui e une fulélilé élerueile... J- vous le demande, la belle garantie !... ÎVÎ ibiiu ! dans leuépilde voir mes ordres méconnus.... je sollicitai , j'obiiiis du ministre l'ordre de le tenir aux arrêts au fond de la Hongrie, d.iiKS la citadelle de Témesvpar.... Eh bien, au lieu d'y rester t;;inqiiiile, ce coquin-là, qui avait juré de me f.iire mourir de chagr'';....s'dVi'ie de tomber malade.. ..La guerre et lit alors déclarée... je coinm.indais mou corps-d'armceet je ne pouvais voler auprès de lui... je charge de ce soin le baron de LourdorfFj je U prie de m'inforrn( r au juste de l'état de mon neveu.... car je ci'aignais toujours que cet e maladie subite ne fût une ruse.... de guerre.... point du tout. ..le baron arrive... au moment même...
LOURDORFF.
Oli ! mon Dieu.... on aurait dit qu'il m'attendait.... car à peine lui eus-je appris que c'était moi, Lourdorff, qui venais de la part de son oncle.... crac... le pauvre jeune homme...,
LE COMTE
Eh bien , mon ami , c'est justement là-dessus que je veux vous
interroger encore dlles-moi franchement , êtes- vous bien sûr
que mon neveu...,
LOURDORFF.
Comment, si j'en suis sûr.... je l'ai vu....vu de mes propres yeux, cl le lendemain j'ai assisté à son convoi.
LE COMTE
Eh bien.... apprenez qu'un mois après, je ne sais si c'est un rêve de mou imagination»., mus moi-même....
Air : Epoux imprudent -fils rebelle.
Dans un combat , désarmé , sans défense , 3'allais périr... lorsqu'un simple hussard , De anl moi tout-à-C'iup s'élance... De son corps me fait un rempart...
Comme nn éclair à mes veux le fer brille., t
t ) ai cru voir... c était un songe vain ;
Mais , morbleu ! le sabre à la caain ,
\\ avait un air de famille.
WAWCY, vifement.
Commenl, Monsieur.... c'ëiaii lui ?... ea êtes-vous bicH sur?
LOURDORFF.
Allons donc.
LE COMTE
Mais voici qui est encore plus surprenant.... Plein de ce nouvel espoir.... je prends la poste.... je parcours l'Allemagne, je m'informe.... j'arrive à Presbourgil y a un peu plus de bix semaines.... et là, je reçois une lettre du ge'néral en ciicf, qui m'apprend que dans la dernière retraite de l'armée autrichienne, le malheureux Adolphe de Valberg, mon neveu, en chargeant à la tête d'un régiment hongrois , a été tué.
LOtJRDORFF.
Comment.... pour la seconde fois!...
NANCT , alarmée.
Et vous êtes certain que le général en chef....
LE COMTE
Il le connaissait comme moi-même.
LOURDORFF.
Je vous répète que c'est impossible....
LE COMTE
C'est impossible.... Eh! mon Dieu, mon cber Lourdorff, que diriez-vous si je vous faisais part de ce que l'on m'annonçait ce matin même.... imagiiicz-vous.... mais pour celui-là je veux m'ea assurer moi-même, car tant d'événements incroyables, la douleur de sa perte.... finiraient par me faire tourner la tête... ainsi, permettez-moi de me remettre eu route sur-le-champ....