SCENE X
Les Précédents, LE NOTAIRE.
LOUBDORFF.
Voici le notaire.
LE NOTAIRE
Mille pardons de vons avoir fait allendre. Ayant appris que Fe général de Vdibcrg était ici... je suis retourné sur mes pas..^ pour prendre un papier qui concerne son neveu..,
NANCY
Comment, on aurait de ses nouvelle?...
LOURDORFF , regardant Adolphe..
Est-ce qu'il aurait reparu ?...
LE NOTAIRE , Hant.
4u contraire... c'est son testament!... Ah! ah! ah !....» .
TOUS
Son teslamcni!...
LOTJRDOFF , se Tassurani.
11 faut espérer alors que de'finitivoraent,.. mais il nie semble cepemlani que lorsqu'il est mort à Temeswar, il y a à-peu-près sis muis , 011 n'a trouve' auctm testament...
LE NOTAIRE, riant.
Cl n'est pis e'ionnant... celui que j'npporte est fl.ilc' du champ de bataille d». MoUvitz, et fait (rois mois après... Ahl ah î
LOURDOBFF.
Trois mois après î...
LE NOTAIRE
Voyez plutôt...
LOURDORFF.
Non... non... je ne me perincltrai pas... le go'ne'ral est reparti... ainsi ce serait inutile...
LE NOTAIRE
Du tout... C'ir je me rspiiclle qu'il y a iinarticle spécial qui concerne ces demoiselles dcMansfrcd...
•NANCT,
Moi et ma sœur!...
LOURDORFF,
Ah! ça, maisvousle connaissiez donc particulièrement?...
NANCY
Eh! sans doute... Comrarnt... M. Adolphe... se serait souvcnn de moi... Mais lisez donc , Monsieur...
LOURÛORFF à Hermance.
Mafoi^ Madame, puisque cela vous regarde, lisez vous-même...
Hermance , sans rien dire , prend le papier.
LOURDORFF.
Vous permettez, Milord?..
ADOLPHE
Je vous en prie; je n' li jamais assiste' à aucune lecture de lesta* peut, et celle-ci me paraîira fort piquante.
HERMANCE, Usont.
Air ; Las .'j'étais en si doux seri'age.
u Craii^nant une tioiivelle absence, 3> Et pour long-temps prêt à partir , » Je lègue à ma fidèle Hermnnce x> Cetauueau qui dut nous unir.
Très émue.
)) Hermance , vous avez ma foi ,
)) Je meuis pour vous^ pensez à moi. »
I ADOLPHE, NANCY, HEUMANCE.
W 1 A demi-voix.
wJ l
CQ } Hermancc , vous avez ma foi ,
j^ \ Je meurs pour vous , pensez à moi.
^ I LOURDORFF.
I Qu'entends-je ? Ainsi donc avant moi I Un aulre avait déjà sa foi.
HERMANCE, trouhlée.
Nancy... continuez... je ne puis...
NANCY , lisant.
Même air.
n A Nancy qui nous fut si chère , }) A qui je veux un sort plus doux, j» Je lègue ma fortune entière, i) Pour qu'elle choisisse un époux.
En pleurant.
3> Nancy, qu'un autre ait votre foi , » \ ivez pour lui , pensez à moi. n
oOURDORFF , ADOLPHE , HERMANCE, NANCY.
A demi-voix.
Nancy, qu'un autre ait votre foi, Vivez pour lui , pensez à moi,
NANCY, sanglotant.
Sa forlune... je n'en veux pas... je n'en ai pas besoin puisque je renonce au monde, puisqu'Adolphe n'existe plus... Tenez, ma sœi'.r , changeons.,, donnez-moi son anneau, cet anneau qu'il porta si long-temps, il ne me quittera jamais... je croirai le tenir de lui... Oli ! je vous en prie , ma sœur , ne me refusez pas l
ADOLPHE, à part, très ému.
Pauvre Nancy !
LOURDORFF.
Allons, allons, que diaLle, nous nous attendrissons... aussi vous vous avisez de nous apporter des testaments j si vous croyez.,, que ça égayé...
LE NOTAIRE
He bien, pour faire diversion... signons vile leconlral,., et allons BOUS mettre à table... Ah ! ah I
LOURDORFF.
CosI ça... le coutrat... le souper... la dansc.n'eslcc pas, pelite sœur? [A Nancy. ) Signons vite...
NANCY, en pleur mt.
Signer!., assister à une fètc! qumul ou vient de recevoir une îioiivi'lle... qu.md on a la certituilc que ce pauvre jeuue homme... je m'en vais, d'abord, p^rce que je ne puis plus y tenir... Ahl par exemple... signer... Adieu, ma sœur !
EUe sort.
SCÈIXE XI.
Les Mêmes , excepte NANCY.
LE ÎÎOTAIRE.
Eh bien!.. Eh bien!..
KOURDORFF, prenant la plume.
Ne faites pas alteiition...elIc reviendra d'elle-méoip... c'est qu'elle est dans ses accès de loéiancoli».'... J'ai signé j à votre tour, Madame,
ADOLPHE , à part.
L'osera-t elle encore?
Hermance prend la plume en tremblant. Elle signe.
LOURDORFF.
Bien... j'espère que maintenant il ne manque plus aucune signature.
ADOLPHE, froidement- Si fait, la mienne.
LOURDORFF,
Gi'rtainemenl , Milord, c'est Lien de l'honneur que vous me faites.
Adolphe signe et reuiert à sa place.
LE NOTAIRE, s' approchant pour serrer les papiers. C'est bon..,, c'est bon.... ( Jetant un coup-d'œilsur le contrat ^ et très effrayé). Ahl mon Dieu!... comment.... c'est monsieur qui.... tout-à-l'licure.... Mille pardons, monsieur le Baron..., des alFdires très pressées.... J'aurai l'honneur de vous nvoir....
// se sauve.
TOUS
Qu'est-ce qu'il a donc ?
ptTERs y s' approchant de la table.
Allons v'ià qu'ça gagne aussi les notaires j j'vous dis que tout le
ïnoncle s'en mêle. Eh bien!... il en oublie le contrat. ( Il jette les ^eux dessus). Ali! là là.... Monsirvir.... Madame,... (// montre le contrat sans pouvoir parler). ^ ;.... nez,... garde.... à vous...,
LouRDORFF , et hs uutres s^ approchant et regardant le contrat,
Comnieut ?...
TOUS, jetant un grand cri.
Ahi !...
CHOEUR, à demi voix.
Air nouveau^
O ciel ! c'est lui , c'est lui , Il ctaii mort, et le voici !
Ah ! (l'ifiVoi j'ai le cœur saisi :
Tenrz , il change de figure.
Oui , c'en est un , la chose est sûre. TOUS.
Fuyons , c'est lui. [bis.)
Ils se sauvent dans le plus grand désordre^