COURTOIS, VICTOR, TOM
TOM, à la cantonnade.
Oui , vous êtes un brutal , et mon maître ne laissera pas insulter ses gens.
VICTOR
Qu'y a-t-il donc ?
TOM
Air : Tout le long de la rivière.
C'est un monsieur fort impoH ,
Qui menant mal son till-bury,
Yient d'accrocher votre voiture:
J'dis gaie; ilm'répond une injure,
Puis veut fouetter votre cheval;
Mais par bonheur pour le pauvre animal ,
C'est un maladi oit qui frapp' votre monture
Tout le long , le long , le loug de ma figure, {bis.)
Il l'a attrapé depuis là jusque-là.... Voyez comme il l'aurait ^^îmé.
cotJRTOis , passant au milieu et s' interposant. Un instant, un instant, Monsieur, n'y aurait-il pas moyen d'arranger celte affaire-là ?
VICTOR
Que voulez-vous dire ?
COURTOIS
Eli! sans doute, on se fâche pour des riens... je me charge de terminer cela à l'amiable.
VICTOR , vivement.
Comment , est-ce que vous croyez que je suis insulte' ?
COURTOIS , d^un air de doute.
Eh î eh !
VICTOR , S échauJJ'ant.
Vous avez beau le cacher... je vois que c'est votre opinion.
COURTOIS
Hum î...
VICTOR, i échauffant toujours.
Au fait , vous avez raison , injurier mes gens... oser les frapper, c'est s'attaquer à moi : et je le soufTi irais ! uou, morbleu!., et cous allons voir
Mais un instant , jeune homme, un instant , que diable I vous prenez feu...
VICTOR
Oh! non , Monsieur... c'est inutile, je n'entends pas raison sur cet article-là... on n'a qu'à laisser passer une offense comme
celle-là, le dernier freluquet se croirait endroit Au fait
ce coup de fouet , c'est moi qui l'ai reçu.
TOM
Ça c'est ben sûr ... car moi je n'y suis pour rien.
VICTOR
Dis-moi .... le reconnaîtrais- lu ?
TOM
Parbleu ! ses traits sont gravés là .... il vient d'entrer aux Jcu:t Chevaleresques.
VICTOR
Eh! bien, dis-lui... {Se fouillant.) Non, j'ai là ;ine carte ; tiens, donne-lui mon nom, et dis-lui que je l'attends ici même le plus tôt possible, et que je lui apprendrai à maltraiter mes gens.
TOM
Oui , Monsieur, j'y vais. ( Apart. ) V'ià un maître au moins....
VICTOR
Ah! mon Dieu , et à cinq heures ma cousine qui m'attend
Le Témoin, 2
JÉcoute , sur-Ic-chaiTip tu retourneras à Paris, à l'hôtel démon oncle; tâche de parK'r à ma cousine, et dis-lui qu'une affaire indispensable m'e») pêche aujourd'hui de diaer avec elle^ car j'allais oublier ce diuer-là ..
Air : Vivent les Gascons^
Dans ce lieu, moi je vais rester j Corbleu ! l'avenlure est unique.
Le pauvre Toni, le lual'.raiier , N'est- ce pas aussi ra'insulter ?
TOM
J'aioi' les gens d'humeur pacifique j Si c'rualaclrpit , si ce brutal , Frapp' toujours ainsi sur son ch'val j J'plains joliuient son domestique.
ENSEMBLE
pans ce lieu, etc.