SCENE XI
COURTOIS , VERMEUIL.
COURTOIS
Sûr de mon coup ! c'est comme celui de tout-àlMieure... c'est drèic... ils sont tous sûrs de leurs coup?... tous!!! heureusement que nous sommes là, ce qui est encore plus sûr!!! {A /^ermeuiï. ) Dites moi , maintenant que nous sommes seuls ^ n'y aurait-il pas moyen d'arranger..,..
VERMEUIL.
Que voulez-vous dire?...
coutTois , avec senliment.
Eh ! sans doute : est-ce que vous auriez le cœur de laisser ces deux jeunrs g<ns; songiz donc à notre... à nos devoirs : enfin , je suis icmoin j vous l'êtes aussi...
VERMEUIL.
Eh bien !
COURTOIS
Eh bien , je vou.s de'clare que nous sommes indignes d'en exircer les honorables fonctions, si, dans une demi-heure, nous n'avons pas force' ces jeunes gens... à s'embrasser et... à dc% jcuiier ensemble.
Monsieur !
I! y u!ûrd.
C0UBI0I3 , à part.
VEFMEuiL , a part.
Je m'ëtnis trompe, c'est un Lrave homme... {Haut.) Je m'associe à voire piojet... pourvu louttiois que tout se pas^e dans les règles.
COURTOIS
Parbleu! c'est bien mon iiitciitiou: voyous un peu qu'csi-ce que nous pourrions exiger d'eux.
ViUajEUIL.
Mais.,., qu'ils se conduiscut en gens d'honneur.
COURTOIS
Sans doute... qu'ils fuissent bien les choses; dîner a. dix francs par tête... le café... la liqueur
VERMEUIL.
Plaît-il I vous parlez....
COURTOIS
Du dîner.... II paraît que Monsieur ignore les usages... je ?ais vous dire comment cela se passe.
Air : De la Galopadp.
Par état et par goût,
Je Suis tout,
J'entfiids tout J
Sentinelle
Toiijouis fidèle.
Si je vois
Deux grivois
S'enfoncer dans le bois,
Je les suis soudiiin en tapinois.
Mais souvent par hasard >
J'arrix e liéias ! trop tard ,
Et de loin je les voi
Aller dîner sans moi.
Chut! j'entends près de là :
Une, deux , ah I ah ! ah !
J'y cours viîe ,
L'ame iiiterdite ^
Deux amants fdrieux
S'égorgent pour les yeux
D'une Agnès i]ui les trompe tous deax.
Souvent c'est un époux,
Qui , dans un rende z-vous ,
A vu certain myllieur
Obscurcir son honneur.
Allons , dis-je au mari ,
Soyez donc plus poli ,
Cette aflaire
l^st une miiièrc ;
(zo)
Pour si peu
Prendre feu,
Et se mettre an cercueil ?
khi grands dieux que de i'emoies en demin
( MlNErR.J
Si l'un d'eux se mutine, Je lui parle à l'instant De sa sœur, sa cousine , Sa mère, son enfant 5 Je Tattendris sur l'heure Par mes talents heureux j Car je pleure Quand je veux.
Enfin,
Si le destin
fait qu'il soit orphelin ^
Et qu'il n'ait ni père
Ni mère ,
A mes fiers combattants,
Fardes signes frappants,
Je prouve qu'ils sont tous deux pareWtSj
Avec im peu d'aplomb ,
Je ferai le Lapon
Et le Chinois... cousins.
Même issus de germains :
Je tonne, je séduis ,
J'eutralne, j'éblouis ,
O puissance
De l'éloquence !
Un traiteur ,
Par bonheur ,
Est tout près,
Et la paix
Chez lui va se signer à leurs frais.
Garçon, cinq couverts....
Vous êtes tobs les deux— Des biiîtres...
Deux lapins.,.
pu Champagne.
Font de vous deux héros...
À la glace. Du rhum, du rbum pour le coup du milieu.
Tôt, tôt, tôt , Servez chaud , Tin , tin , tin , Verre en main Tout s'oublie , £t te pacilie,
Des rivaux généreux...
Et ces exploits nouveaux.,
Par un poulet truffé,
L'iiccoi cl est lécliauffé,
EtTou s'eniJjrasse enfin au café.
VERMETJIL.
De sorte que vous n'avez pas d'auire c'tat.
COURTOIS
Non, Monsieur, je m'y suis voué tout entier, quels qu'en soient les inconvénieuts , les dangers.
VERMEUIL.
Ah! il y a des dangers?
COURTOIS
Parbleu !.... et le chapitre des indigestions; aujourd'hui, pa? exemple... jem'y attends bien.
VERMEUIL.
Comment I ce n'est pas seulement avec Victor que vous êtes engagé ?
COURTOIS
Victor, dites vous? je ne le connais pas.
Comment! vous ne le ronnaissez pas? et c'est celui dont vous êtes le témoin j Victor de Strigny.
COURTOIS, avec terreur.
Victor de Serigny.... dlîeudtz donc... Serigny, justement,... c'est l'homme de ma lettre-dc-change. ( l'ivement à f^ermeuiu) Un jeune homme.... un mineur , qui a des dettes, el uu onCiC estimable....
VERMEUIL.
Oui, des dettes j il fera bien de vivre pour les acquitter, car son ÛDcle ne paiera jamais rien.
Courtois, à part.
Ah! mon Dieu! et mon placement. ( Haut.) Monsieur, il ne faut pas que ce jeune homme là se batte, nous ne devons pas le souffrir, c'est servir la cause de l'humanité, c'est défindro les
principes, c'est.... ahlmon Dieu! je l'entends Je vous en prie,
aidez-moi à le persuader.... à le desarmer.... vous m'avez promis votre appui....
VERMEUIL , froidement.
Non, non, ce n'est pas dans ce moment qu'il faut qu'il me yoye.,.. plqs lard je serai à lui, et à vous. Monsieur.
Il salue, et rentre dans C auberge