SCÈNE II
FABRICE, MUCARADE, CLORINDE.
FABRICE , à part.
Il était temps.
Monsieur mon hôte, serviteur.
CLORINDE, bas.
Ne lui permettez pas d'avis.
MUCARADE, de même.
N'ayez pas peur,
FABRICE, à part.
Voyons venir.
MUCARADE.
Je viens, monsieur... (A part.) Il m'intimide: C'est un petit esprit à me trouver stupide!... Bah! courage! (Haut.) Je viens... J'ai l'honneur... En un mot Je vous présente ici ma femme ou peu s'en faut. Ma conduite peut être absurde aux yeux du monde, Mais son avis n'est pas le terrain où je fonde, Entendez -vous, monsieur? Sachez que je m'en ris ! J'ai son opinion en souverain mépris !
FABRICE
Quand on en est gêné l'on ne saurait mieux faire.
MU CAR A DE
Qu'elle me gêne ou non, jamais je n'y défère Et je tiens pour un sot et pour un ignorant Quiconque est là dessus d'un avis différent.
FABRICE
C'est d'un homme sensé.
Je suis fier qu'on me blâme, Monsieur! mais je prétends qu'on respecte ma femme.
FABRICE
J'ai pour elle, monsieur, plus de respect que vous ; Quand vous l'accabliez d'un injuste courroux, N'osant pas m'opposer à votre violence, Je vous en ai blâmé du moins par mon silence, Et madame est témoin que je me tenais coi.
CLORINDE
Il est vrai que monsieur n'a rien dit contre moi,
FABRICE
Mais si je me taisais, monsieur, croyez sans faute Que c'était seulement par respect pour mon liôle, Car votre emportement m'indignait...