SCÈNE IX
Par le seul dont j'ai pu me croire bien jugée!
FABRICE
Qui, moi, vous outrager!.. Moi dont le cœur épris!..
CLORIINDE.
Votre aveu marque moins d'amour que de mépris, Car sans l'espoir secret de m'y trouver facile Vous n'en auriez pas lait l'entreprise inutile.
FABRICE, à part.
C'est vrai, (Haut.) Je suis si loin d'un insolent espoir, Madame, que je prends congé de vous ce soir.
CLORINDE
Vous partez?
FABRICE
Oui, je pars. Voulez-vous que je reste Pour servir de témoin à cet hymen funeste?
CLORIINDE.
Oui, vous avez raison; oui, partez... 11 le faut
Pour vous d'abord et pour... Vous m'oublîrez bientôt.
FABRICE
Jamais ! jamais, madame !
cloriivde.
Est-ce bien vrai ?
FABRICE
Cruelle !
En doutez-vous?
CLORINDE
Oh! non ! car moi, je me rappelle, Je me rappellerai toujours votre... amitié... Le reste, mon devoir veut qu'il soit oublié : N'est-ce pas, mon ami?
FABRICE
Votre ami ! Je suis digne De ce nom triste et doux, puisque je m'y résigne.
CLORINDE
Oh! merci! — Mais soyez tout-à-fait généreux;
Partez sans me revoir, sans me faire d'adieu.\,
FABRICE
Sans vous revoir? Cela dépasse la mesure De mes forces...
CLORINDE
Pourquoi creuser votre blessure?
FABRICE
Pour la rendre éternelle et pour n'en pas guérir, Car c'est tout mon bonheur désormais d'en souffrir.
Et si c'est moi qui crains de vous revoir?..
FABRICE
Qu'entends- je?
CLORINDE
Non, ne me croyez pas... Je suis folle !
FABRICE
Cher angeî Ne me refusez pas un dernier entretien.
(On entend des pas à la porte.) CLORIJNDE, vivement.
Eh bien! après souper, ici.
FABRICE, à part
Bon! je la tien.