‹ L'aventurière, comédie en cing actes et en versChapitre 55 sur 76 · F AR RI CE · texte numérisé non relu

F AR RI CE

A m'enseigner mon jeu :

.le fais l'amant candide; or je le suis fort peu, Et ma mémoire à qui vainement je m'adresse Ne fournit pas un mot de naïve tendresse.

— Un silence rêveur m'a tantôt secouru : Ce que je n'ai pas dit, aisément on l'a cru ; Mais pour qu'à ma parole aussi l'on puisse croire, Je viens à vos amours rajeunir ma mémoire. Allons, bel amoureux, montre-moi de quel ton L'amour s'exprime avant d'avoir barbe au menton.

H OR A CE

C'est très-embarrassant, mon cher.

FARRICE.

Quelle corvée !

Dis ce que tu disais avant mon arrivée.

HORACE

Je disais . . . que l'amour de mystère a besoin Et qu'à l'effaroucher il suffit d'un témoin.

FARRICE.

Est-ce que j'en suis un ? est-ce que je fais nombre ? Pourquoi vous gêner plus pour moi que pour votre ombre ?

CÉLIE

Mon ombre en pareil cas me gênerait, je croi, Si pendant que je parle elle était devant moi.

HORACE

C'est vrai î — Te souvient-il de la chère avenue Où ton âme me fut tout entière connue? (A Fabrice.)

— Marchant vers le soleil, je lui parlais d'amour ; Nos ombres nous suivaient, quand un fatal détour

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