‹ L'aventurière, comédie en cing actes et en versChapitre 59 sur 76 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

MCCARADE.

Quelle plaisanterie indécente est-ce là?

Fabrice est à Munich.

FABRICE

Nonj puisque me voilà.

MUCARADE.

Monsieur...

FABRICE, arrachant sa perruque.

Regardez- moi maintenant.

CLORINDE, àpart.

Ah! le traître I

MUCARADE.

Mon fils! En quel moment faut-il vous reconnaître ! Que faisiez-vous aux pieds de Clorinde? Pourquoi Sous un déguisement mon fils vient-il chez moi?

CLORINDE

Vous ne comprenez pas? La ruse n'est pas neuve Cependant ; il mettait mon honneur à l'épreuve.

MUCARADE.

Et quel droit prenez-vous de contrôler mon choix?... Vous croyez-vous ici sur le pied d'autrefois ? Sachez que votre absence et votre ingratitude De ma sotte indulgence ont rompu l'habitude ; Rentrez en suppliant, rentrez en étranger.

Seigneur, rendons-lui grâce au lieu de le charger : Son épreuve offensante est pour moi la matière D'une noble réponse au nom d'aventurière,

FABRICE, àpart.

Elle me tient.

MUCARADE.

Celui qu'il faut remercier, C'est le ciel qui prend soin de vous justifier, Et quant à F instrument que sa justice emploie , Nous ne lui devons pas de place en notre joie.

C LOB IN DE.

Mais ce fils, prévenu par de méchants discours, A votre aveuglement croyait porter secours ; 11 faisait son devoir et par son stratagème Voulait, dans son erreur, vous sauver de vous-même.

MUCARADE.

A la bonne heure. On peut lui pardonner ainsi L'outrage d'un soupçon maintenant éclairci ; Mais désormais...

FABRICE

Mon père, embrassez donc Fabrice.

MUCARADE, ému.

C'est bien. . plus tard... (A part.) 11 a toujours la cicairice

Qu'il s'était faite au front en tombant de mes bras...

Quand je vivrais cent ans, je ne l'oublierais pas !

— Pauvre enfant! me voyant tout tremblant et tout blême :

Ce n'est rien, disait-il, ne pleure pas, je t'aime...

Et tandis qu'une main allait me caressant,

De son cher petit front l'autre essuyait le sang. . .

Béni soit Dieu qui rend mon fils à ma vieillesse !

Tiens, je pleure et n'ai pas honte de ma faiblesse.

FABRICE

Pleurez, pleurez ! laissez couler ce doux pardon Sur l'ingrat voyageur et sur son abandon.

MUCARADE.

Oui, oui, je te pardonne avec pleine indulgence. L'heure de ton retour a payé ton absence. Tu ne t'en iras plus, n'est-ce pas?

FABRICE

Non, jamais.

MUC Vil AD t:.

Entre mes deux enfants je puis mourir en paix !.. Entre mes deux enfants et toute ma famille.

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