‹ L'aventurière, comédie en cing actes et en versChapitre 6 sur 76 · PIQUE ND A IRE · texte numérisé non relu

PIQUE ND A IRE

Je romps l'espoir si doux Du lien qui devait resserrer la famille : Mon fils ne sera pas l'époux de votre fille.

MUCARADE, doucement.

Mais ces pauvres enfants vont être désolés! Laissons-les être heureux malgré nos démêlés.

Non, morbleu ! quelqif amour qu'il ait pour sa cousine, Mon fils ne sera pas gendre d'une coquine. MUCARADE, sèchement.

Soit, ma fille n'est pas en peine de partis, Et j'en trouverai cent qui vaudront votre fils.

PIQUENDAIRE.

Je le souhaite hélas! plus que je ne l'espère ; Car je ne sache pas d'honnête homme et bon père Qui souffre que son fils entre en une maison Dont le chef s'est si fort égaré de raison, Où l'honneur est aux mains d'une femme tarée, Où tout dérèglement a par elle une entrée, Où les enfants n'auraient enfin devant les yeux Pour y dresser leurs mœurs qu'exemples vicieux,

MUCARADE.

Tenez, séparons-nous là-dessus, je vous prie, De peur d'envenimer encor la brouillerie.

PIOUEKDAIRE.

Aussi bien j'ai tout dit.

Adieu donc.

PIQUENDA1RE.

Pour longtemps.

(Il sort.)

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