SCÈNE III
MUCARADE, seul.
Me voilà donc en brouille avec tous mes parents ! Celui-ci me tenait au cœur et la rupture IN'a pas été chez moi sans un peu de murmure. Je ne retrouverai jamais d'ami pareil, Fidèle, affectueux, franc et de bon conseil... Ah! Clorinde, l'amour me payera- t-il sa perle?
— Enfin, il l'a voulu! c'est lui qui me déserte! II veut pardessus tout voir ses conseils suivis Et renonce à son frère avant qu'à son avis.
Je l'ai toujours connu de la sorte, intraitable, Cassant, et d'un orgueil souvent insupportable... Bonhomme au fond, je crois, mais n'aimant ses amis Que s'ils lui sont toujours complaisants et soumis, Et mettant de côté quiconque lui résiste... Vraie humeur de vieillard, en somme, et d'égoïste!
— Ma foi, j'en suis fâché! qu'il cherche ailleurs ses gens; Je suis trop grand garçon pour avoir des régents.
Je ne sais vraiment pas quelle sotte faiblesse Me faisait partager ses goûts et sa vieillesse; Mais il m'eût amené, je crois, le vieux pédant, A me teindre la barbe et les cheveux en blanc; Il voyait ma verdeur avec un œil d'envie, Et voulait infuser son chagrin dans ma vie! Au diable le podagre el ses airs importants! Je me sens déchargé d'un poids de cinquante ans î