SCÈNE ï
Souviens-toi de mon duel avec Juan de Valence.
CLORINDE
C'est horrible cela.
ANIVIBAL
Je t'assure que non,
CLORINDE
O mon frère... mon Dieu ! que dire?... songe donc ! Je n'ai jamais aimé personne avant cette heure. Seras-tu sans pitié? tiens, regarde, je pleure.
Si je m'apitoyais je serais un grand sot, Lorsque tu peux sauver ton amant d'un seul mot,
CLORINDE
Mais je mériterais son mépris et sa haine.
ANIVIBAL.
Sa mort te causera sans doute moins de peine. Un bel amour, ma foi, que le tien !
CLORINDE
Où vas-tu?...
Faire à monsieur Fabrice expier ta vertu.
CLORINDE
Arrête, malheureux! ah ! qu'il vive,, qu'il vive ! C'est moi que je dois perdre en cette alternative. De deux malheurs pour lui je choisis le moins grand. Mais retombe sur toi ma douleur, ô tyran, Et puisses-lu jamais, pour ta conduite infâme, Aimer et te sentir méprisé d'une femme !
ANNIBÀL.
Tes imprécations, tu les feras plus tard; Allons contre Fabrice animer le vieillard.., C'est lui... je vais parler.
n ACTE V.