CÉL1E
Je voudrais entrer dans un couvent, Mon père ; autorisez Fabrice à m'y conduire. Madame assurément n'y voit rien à redire ?
Hé quoi! ma fille aussi me délaisse!... C'est vous, Mon fils, qui me portez encor ces derniers coups!
FABRICE
Pouvais-je abandonner ma sœur près de madame ?
CLORINDE , à part.
Quel mépris!
MUCARADE.
Allez donc! vous me déchirez l'âme; Mais je suis aussi fier que vous êtes ingrats : Allez, cruels enfants, je ne vous retiens pas.
CÉLIE
Pardonnez- moi, mon père : il le faut. Je vous laisse Plein d'un nouveau bonheur et d'une autre tendresse. Mais vous m'appellerez, je ne serai pas loin, Quand de compassion il vous sera besoin.
FABRICE
Viens. (A ciorinde.) Réjouissez-vous, madame : ma retraite Vous laisse le champ libre et victoire complète. Nous n'emportons d'ici que notre honneur, et rien Ne vous empêche plus de piller notre bien.
CLORINDE
Ah ! c'est plus que mon cœur n'en peut porter ! Fabrice,
Je ne mérite pas un si cruel supplice.
11 faut que je vous parle, à vous seul, il le faut...
% acti: Y.
Écoutez-moi, je puis m'absoudre d'un seul mot...
Viens, Célie.
CLORINDE, àMucarade.
Ah! seigneur, obtenez qu'il m'entende!
MLCARADE.
Fasse le Dieu clément que ce mot me les rende !
(A Fabrice.)
Écoute-la. Je prie, au lieu de commander; Fais pour rester autant que moi pour te garder.
FABRICE
J'obéis, quoiqu'il soit inutile, sans doute.
M C CAR A DE
Laissons-les seuls, ma fille. (Il sort avec Célie.) SCÈNE V.