SCENE V
Car il entraînerait un malheur encor pire. Mais croyez-moi, seigneur, par pitié croyez-moi Quand je dis que je souffre une inflexible loi. S'il vous faut un serment, je jure... Pauvre fille! Sur quoi puis-je jurer, moi qui suis sans famille, Moi qui n'ai rien aimé, pas même mes amants, Moi qui n'ai pas d'honneur à perdre si je mens î
FABRICE
Si ce n'est pas un jeu, joué certe à miracle , Votre repentir trouve en effet un obstacle ; Montrez-le moi, madame, et je le lèverai.
CLORINDE
Vous ne le pourriez pas, seigneur. Je me tairai.
FABRICE
Montrez-vous franchement venimeuse et funeste, Plutôt que d'ajouter l'hypocrisie au reste!
CLORINDE
L'obstacle, c'est mon frère.
FABRICE
Ah ! morbleu, c'en est trop !
Vous méjugez aussi, madame, par trop sot.
Vous ne croyez pas ?.. .
FABRICE
Quoi? que ce plat subalterne^ Ce butor, ce goujat, ce laquais, vous gouverne ? Faites-moi donc, au moins, l'honneur de mieux mentir.
CLORINDE, à part.
Dieu ! je sens son mépris sur moi s'appesantir.
FABRICE
Voyons ! qu'à trouver mieux votre esprit s'évertue.
CLORINDE
Si je n'épouse pas votre père, il vous tue,