‹ L'aventurière, comédie en cing actes et en versChapitre 72 sur 76 · IV BRICK · texte numérisé non relu

IV BRICK

Et que vous t'ait ma mort?

CLORINDE

Je vous aime.

FABRICE

Allons donc !

Je n'en ai pas le droit, je le sais... Oh! pardon ! N'en prenez pas l'aveu pour un effet d'audace; Je ne me flatte pas et me mets à ma place. Je sais bien que l'amour n'est pas une vertu, El qu'il ne me rend rien de mon honneur perdu ; Trop de vices ont pris dans mon cœur trop d'attache, Et l'orgueil est le seul que l'amour en arrache. Aussi ce triste aveu fût en moi demeuré. Si tant de questions ne l'en eussent tiré.

FABRICE , à part.

Non, ce ne peut pas être un nouveau stratagème; Je l'ai brutalisée assez pour qu'elle m'aime.

(Haut.)

Vous avez très-bien fait de me tout avouer, Car je crois à l'obstacle et vais le déjouer.

CLORINDE

Vous ne pouvez vous battre avec un misérable...

FABRICE

L'adversaire, il est vrai, n'est pas très-honorable; Mais je suis au rebours de ces fous exigeants, Qui ne veulent tuer que des honnêtes gens.

CLORINDE

C'est lui qui vous tuerait, tout vaillant que vous êtes; 11 se bat à coup sûr et par bottes secrètes.

FABRICE

Soit donc, il me tuera. — Vaincu, comme vainqueur, Je vous mets en état d'écouter votre cœur,

Page 1