‹ L'aventurière, comédie en cing actes et en versChapitre 73 sur 76 · CLORINDE, FABRICE, ANNIBAL · texte numérisé non relu

CLORINDE, FABRICE, ANNIBAL

Vous n'êtes pas parti, cher monsieur ?

FABRICE

Au contraire.

CLORINDE

Il va te provoquer ; n'accepte pas, mon frère. Il sait tout.

Il sait tout ? il sait notre marché ?

CLORINDE

Ce n'est pas de ma faute, il m'a tout arraché.

FABRICE

Ça, monsieur ! suivez-moi sans autre préambule.

La proposition est assez ridicule :

Vous êtes mon seul titre envers mon débiteur ;

Je ne déchire pas les billets au porteur.

FABRICE

Tu refuses ? c'est bien ; mais tu comprends sans doute Que je ne suis pas homme à m'arrêter en route; Que je me suis juré de délivrer les miens ; Qu'ici les intérêts sacrés que je soutiens Veulent être sauvés, et que vînt-il d'un crime,- Leur salut couvre tout et rend tout légitime. Défends-toi donc, maraud, sinon, sur mon honneur, Je m'en vais te tuer comme on tue un voleur.

(II tire son épée.)

ANBIIBAL.

Alors* tant pis pour vous. Je saurai me défendre.

(II dégaine.) CLORIIXDE.

Arrêtez î

FABRICE

Laissez- nous.

ANNIBAl.

II ne veut rien entendre !

FABRICE

En garde 1

Un dernier mot avant d'aller plus loin.

FABRICE

Voilà plus d'embarras, drôle, que de besoin !

ATSN IBAL.

Ce duel est pour tous deux une méchanle affaire : Ainsi réfléchissons avant que de la faire. Vous espérez ne pas rester sur le carreau Sans doute ?

Assurément.

AMN1BAI.

Cet espoir est trop beau, Quittez-le; je ne veux prendre personne en traître : Sachez que Matapan de Spolète est mon maître.

FABRICE

Ah!

ANW IBAL.

Vous l'avez connu peut-être?

FABRICE

Oui-dà, beaucoup.

C'est moi qui l'ai tué.

Hein?

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