CLORINDE, FABRICE, ANNIBAL
Vous n'êtes pas parti, cher monsieur ?
FABRICE
Au contraire.
CLORINDE
Il va te provoquer ; n'accepte pas, mon frère. Il sait tout.
Il sait tout ? il sait notre marché ?
CLORINDE
Ce n'est pas de ma faute, il m'a tout arraché.
FABRICE
Ça, monsieur ! suivez-moi sans autre préambule.
La proposition est assez ridicule :
Vous êtes mon seul titre envers mon débiteur ;
Je ne déchire pas les billets au porteur.
FABRICE
Tu refuses ? c'est bien ; mais tu comprends sans doute Que je ne suis pas homme à m'arrêter en route; Que je me suis juré de délivrer les miens ; Qu'ici les intérêts sacrés que je soutiens Veulent être sauvés, et que vînt-il d'un crime,- Leur salut couvre tout et rend tout légitime. Défends-toi donc, maraud, sinon, sur mon honneur, Je m'en vais te tuer comme on tue un voleur.
(II tire son épée.)
ANBIIBAL.
Alors* tant pis pour vous. Je saurai me défendre.
(II dégaine.) CLORIIXDE.
Arrêtez î
FABRICE
Laissez- nous.
ANNIBAl.
II ne veut rien entendre !
FABRICE
En garde 1
Un dernier mot avant d'aller plus loin.
FABRICE
Voilà plus d'embarras, drôle, que de besoin !
ATSN IBAL.
Ce duel est pour tous deux une méchanle affaire : Ainsi réfléchissons avant que de la faire. Vous espérez ne pas rester sur le carreau Sans doute ?
Assurément.
AMN1BAI.
Cet espoir est trop beau, Quittez-le; je ne veux prendre personne en traître : Sachez que Matapan de Spolète est mon maître.
FABRICE
Ah!
ANW IBAL.
Vous l'avez connu peut-être?
FABRICE
Oui-dà, beaucoup.
C'est moi qui l'ai tué.
Hein?