ACTE PREMIER
mcstique.) J'ai g'rand'faim. — Vous disiez... « un simple prétexte. » [Indifférence visible.) A la bonne heure ! Ils m'avaient inquiété... Au fait, vous avez une raine superbe... Vous êtes rose, fraîche... Ah ! pendant que j'y pense... j'ai rencontré M. Davost. Il nous invite à passer la semaine prochaine aux Glayeuls, histoire de tuer un dernier lapin.
MADAME DAUTRESME
Refusez.
DAUTUESME, SUrpiÙS.
J'ai accepté. Tous nos amis en seront, Belmont, d'Espreuil, les de Cerne...
MADAME DAUTRESME
Ecrivez pour vous dégager.
DAUTRESME
Impossible!... [Méfiant.] D'ailleurs, pourquoi?
Nous partons.
DAUTRESME, aliuri.
Nous partons ?
MADAME DAUTRESME
Oui.
Pour où ?
DAUTRESME
MADAME DAUTRESME
N'importe. . . Loin. . . Ma santé. . .j'ai besoin de prendre
air.
DAUTRESME
Vous venez vous-même de me le dire, votre malaise n'était qu'un prétexte. [Silence de gêne chez madame
Dautresme. A part.) Ah! Ah!... [Haut.) Je vois... Un caprice ! Allons, du bon sens ! Partir en cette saison, songez-y !
MADAME DAUTRESME
Ah ! Il vous faut le signal du starter !
Ce ne serait pas un départ... En cette saison il n'y a que les caissiers qui filent. (Léger rire.) Allons, pas d'enfantillage.
MADAME DAUTRESME^ nerveuse.
Ce n'est pas un enfantillage !... Vous souvenez-vous de la question que je vous posais tantôt : Que penseriez-vous d'un époux qui, aimant ailleurs... [Dautresme se met à rire.) Vous riez ? vous avez tort !... DAUTRESME, rire vainement contenu.
Je ris!... C'est si drôle! ce savant détour... Je devine si bien !
MADAME DAUTRESME
Vous devinez ?
DAUTRESME, sourire de supériorité.
Certes ! Vous comprenez. . . votre besoin de voyage ! . . . Je n'ai pas pris le change un instant !... Ah ! vous allez bien ! l'exil, tout de suite!... [L'arrêtant.) Inutile... je sais aussi bien que vous. C'est la grande explication, n'est-ce pas ?... Je l'attendais. [Léger rire condescendant.) Eh bien, permettez-moi de vous le dire, ma chère enfant, il faut avoir plus de raison. Mais, dans les ménages si l'on n'avait pas quelques petites indulgences, ce serait l'esclavage odieux... Ces flirts sont la soupape de sûreté du mariage... Voyons, vous qui avez été si gen-