‹ L'aveu; comédie en trois actesChapitre 52 sur 75 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DE CERiNE, 2nns MADAME DAUTRESME. {De Cerne, seul, sur un fauteuil, tournant le dos à la porte de gauche, mais guettant de ce côté. Par la jiorte de gauche, entre madame Dautresmc.)

MADAME DAUTRESME, légère surprise.

Ail ! [De Cerne fait mine de se lever ; geste invitcur.) Ne vous dérangez pas ! Je ne fais que traverser... et relraverser.

DE CERNE, ton de bouderie, moitié plaisant^ moitié sérieux.

Je ne me dérange pas... je boude toujours. MADAME DAUTRESME, gaieté simulée.

Pas encore résigné !

DK CERNE

Non!... Refuser les hommages de l'ami le plus dévoué, le plus...

MADAME DAUTUESME

Dites simplement « mes hommages », cela dira tout.

DE CERNE, i'ivenicnt.

Enfin,, là, entre nous, dites-moi, que lui trouvez-vous donc?... Il n'est pas beau. Il est ennuyeux. •

MADAME DAUTRESME, rire forcé.

Vous, vous êtes amusant !

DE CERNE

Non ! vraiment ! pour une femme de goût !

MADAME DAUTRESME

Je ne suis pas une femme de goût ; j'ai refusé vos hommages.

DE CERNE

Le dépit ne me rend pas injuste à ce point... Quoique... là, franchement, je vous en veux! Vous n'avez pas l'air de le croire... je vous assure... mais je ne suis pas le seul... nous vous en voulons tous.

MADAME DAUTRESME

Qui, tous ?

DE CERNE

Tous nos amis. Même ceux qui ne vous faisaient pas la cour... ils en avaient envie. Dame! c'est instinctif ! Pour un heureux vous avez fait des autres autant de mécontents. Jusque-là, tous ayant échoué, l'échec n'avait rien d'humiliant, il était impersonnel... C'étaient la vertu, le devoir qui triomphaient !

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