SCÈNE IIL DUPERRIER, ALBERT
MJI'EMIEII.
Albert!
ALUEbT, if retournant.
Monsieur Dupcrricr !
otrcEAMsn.
J’ai vu do m.i chambre briller de la lumière dans voire bureau. — Il n’est plus l’heure de travailler. — Pourquoi veiller si lard ?
ALBERT
C’est que je voulais mettre tous mes comptes à jour, et vous rendre fa clé de la caisse demain, avant de partir.
Dbl’faHRlHl.
Où voulez-vous donc aller?
.VLLt.lt r, »»cc «oiUira*.
A... à Varangel, monsieur.
Dt'PCTRIEB.
Ah ! je comprends... ont... à Varangel où vous appelle un anniversaire que je n’ai t»as oublié non plus... tous avez là une pieuse pensée... oh! Elle vous aimait bien votre mère. — Elle a cruellement souffert, et méritait une autre destinée.
A Ml LUT.
Vous l'avez connue, monsieur?
IM I KItRICT.
Oui... j’étais riche, elle était pauvre, et durant de longues années elle m’a laissé ignorer jusqu’au nom du village où elle s était retirée avec tous.. . Dévouée à sa sainte tAch* de mère, elle avait voulu l’accomplir à elle seule, et ce n'est qu'en se sentant mourir qu’elle vous a légué à moi.
ALUEIlT.
Croyei bien, monsieur, que je garde dans mon cœur le souvenir du bienveillant accueil que j'ai reçu de vous, et surtout des larmes qui tombaient de vos yeux pendant que vous lisiez la lettre que manière in avait donnée pour vous; lettre écrite le jour même de sa mort.
nvpEMRiEa.
Et dont elle vous avait laissé ignorer le contenu?
ALBERT
Oui, monsieur.
IHJPEliUir.il.
Tenez, Albert, laissez la pour un moment votre travail... placez-vous près de moi et causons... (i>m pma i» mua.) L’année d’épreuve à laquelle j’ai voulu vous aoumeilrc me répond assez d l’avenir; vous <Me> le digne Dis de Sophie Morel. Vous avez dû voir en moi d'abord un maître sévère, exigeant... mon indulgence pour le Dis qui porte mon nom avait eu de si funestes résultat»! Par votre assiduité au travail, vous avez mérité un avancement rapide; plus tard pour récompenser votre zèle infatigable, votre dévouement, votre probité, je vous ai coniié la garde île ma fortune... aujourd'hui. Albert, aujourd'hui, je veux faiic plus... aujourd’hui je vous fais mon associé.
ALBERT
Moi, monsieur!
DVPEARlER.
Oui, vous auiczun tiers d’intérêt dans ma maison de banque; je vous reconnaîtrai l’apport nécessaire.
ALBERT
Ah! monsieur, tant de bonté me confond. A quel titre ai-je mérité ?...
DCl'ERtltER.
A quel titre?., vous aile* le savoir... Oh [ maintenant, je veux, je dois tout vous dire, mon enfant, (il ür« un wm do •* pocbc.) Reconnaissez-vous ce papier?
ALBERT
La lettre de ina ibère!
DUPERRIER
Celle que vous m’avez apportée : lisez-la.
ALBERT, pr»n*ut le pjfûer.
Pauvre mère, comme sa main tremblait en traçant ces lignes. (umm.) * Au moment de mourir, je vous envoie t-tic vous recommande mon fils. C’est un bon cl noble cœur. La Providence prend parfois en pitié la fille coupable et abandonnée. Pour elle, la naissance d'un enfant est le pardon de Dieu... J’étais coupable, abandonnée, et je bénis Dieu qui m a donné mon Albert. Je ne vous demande ponr lui que au travail. Albert se croit le fils d'un milita re mort en combattant. » (s'anéim.) fch quoi! je ne suis pas le Üis d’un soldat ! Ce nom de Morel!...
DIP Eli RI ER.
Etait le nom de votre mère...
ALBERT
Oh! oui! c'est juste... L'homme qui a trompé, abandonné la pauvre femme, a aussi abandonné, renié son fils.
DUPERRIER
Et vous maudissez cet homme?
ALBERT
Moi, monsieur... (ouum u ictim »»»c de* «cgi un.) Moi, je bénis minière.
DUPERRIER
Oh ! elle a été vengée ! Le coupable a bien souvent pleuré sa faute... ilia pleure encore.
ALBERT
Il existe donc?
omaira.
Ebloui par un riche mariage, il a foulé aux pieds les sormeii’s les plus saints, les devoirs les plus sacrés. La femme, qui à défaut de bonheur lui avait apjiorté la fortune, est morte jeune, lut la tn a nt un fils. Ce fils a été une expiation, un châtiment .. Pend, ml que Sophie Morel, la pauvre abandonnée, bénissait sou enfant... moi... je maudissais, je chassais If mien.
ALBERT
L’AVEUGLE