‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 21 sur 86 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Lis Mints, RÉMY.

RÉMY

Pardon, monsieur Morel, je vous croyais seul.

ALBERT

Que me voulez-vous?

RÉMT.

Voyant enfin de la lumière chez vous, je vous rapportais la réponse que vous savez.

DUPERHILR.

Qu’avez-vous? parlez, parlez donc.

RÉMY, enUrnwr p*r U pmeacc de Dup**rt«r.

C'est que...

ALBERT

Parlez, puisque monsieur vous l'ordonne.

RÉMT, a Albert.

Oh! si ça convient à monsieur nue je dise la chose, la voilà... Quand j’ai remis votre lettre à l'etranger de i’hAtel de Paris, il m’a dit : Oh! oh! M. Morel paye donc sans compter? Il n’a perdu contre moi que trente-aeux mille francs...

DOPER HIER.

Perdu ?

RÉMT.

Au lansquenet, et il m’en envoie trente-trois mille.... Je ne prends que ce que j’ai gagné; portez-lui ma quittance et ce billet... Quittance et billet, il a tout nus dans 1 enveloppe de votre lettre.

ALBERT

Que dit-il?

DtPERRIBR.

Et celte enveloppe?

RÉMY

La voilà, monsieur.

DUPERRIER. 1 fort.

Joueur, c’est un joueur, lui aussi!

ALBERT

Mais Bciny, vous savez bien que je ne vous ai pas donné d’argent.

REMY

Dame; monsieur, je ne wis pas ce qu’il y avait dans l’enveloppe.

ALBERT

Mais...

DUPERRIER

Assez ! assez ! sortez.

RÉMY, à part.

Je ne voulais rien dire, moi. (u »i).

ALBERT

Je rêve.

DUPERRIER, *r retournant vrrt Albert.

Rendez-moi vos comptes, monsieur.

ALBERT, nipi».

Mes comptes...

DUPERRIER

Sans doute... où est votre livre de caisse?

Le \oilà, monsieur!

DUPERRIER , régir tint u-njo.ur» A huit.

Vous avez... vous devez avoir... je ue sais plus...

ALBERT

Cent quatre-vingt-deux mille francs.

DUPERRIER, me-ind jeu.

Oui, c'est cela.

ALBERT

Soixante-douze mille francs en un nnndat sur la maison Chcvreul, cenf mille francs en billets de banque, le reste en or, en argent, et tout est là dans ma caisse.

DUPERRIER, «Ara* Jeu.

Vous en êtes bien sûr?

ALBERT, tarprii.

Oui, monsieur. u n-mn .?• Dafntirr.) Ah! il me soup-

çonne. lui, lui ! (Oa>ant i ii fa»M-.)Ti nez. moiLsieur, il y a là dixhuit mille francs en or et deux mille francs en urgent, (n le* i»« ■on«m ...» tn utilrtiM.) Voilà les mandats sur la maison Clievreul, voilà les billets de banque, voilà tout, tout, (onn.ui.iiw b*Pei».' Dix, vingt, quarante, cinquante, soixante, (u %•*{>*■<•.) Oh ! mou Dieu!

DUPERRIER

Quoi donc?

ALBERT

Il me manque quarante mille francs.

DUPERRIER, Itrc «fort.

Cherchez bien.

ALBERT, i|«l » rniriiud I» r»i«# *1 la* «ireéra 4« litrrw».

Rien, rien, les cent mille francs étaient là tantôt. J’en suis sûr.

DUPERRIER, m Iwanb

C’est qu'alors vous n’aviez pas payé votre dette de jeu.

ALBERT, îtactMirt.

Mol, je n’al pas payé?

DUPERRIER

Vous n’avez pas payé.

ALBERT

Non, monsieur!

' DUPERRIER

Voilà le reçu de votre adversaire, il vous l’envoie dans l’enveloppe qui renfermait les trente- trois mille francs en billets... Voyez l’adresse mise sur cette enveloppe, est bien de votre écriture.

C’est vrai ; pourtant, monsieur, je vous jure...

DUPERRIER

Oh! assez, monsieur, assez île mensonges et d'hypocrisie

Cet argent, je ^is maintenant où vous l’avez pris... malheureux ! Vous me trompiez! vous me voliez!

ALBERT

Moi ! moi!.. ».

DUPERRIER

Démentez donc celte preuve 7...

„ ALBERT

Oh! tout cela est un hoiriblc rêve... Je suis fou, n'est-co pas?... je suis fou !... (Regai'I.ÉOt l'cDMlaÿpe que lai \-irtfnit Dnparncr.) Non, .. non... tout est réel... On m’accuse, moi... Oui. monsieur. J’ai joué... Oui, j’ai perdu... niais plutôt que de détourner un ‘centime de votre caisse, je serais mort, monsieur, je serais mort I

DUPERRIER

Mais ce faux désespoir, ces larmes feintes, sont lâches et infâmes... Voyons!... voyons! je pourrai pardonner un mo-

ment d'entrainement, un éclair de folie... je pourrai pardonner

au repentir Voyons, avouez votre faute, votre crime.... par

respect pour la mémoire de votre mère, je vous pardonnerai... Mais avouez... avouez... Avouez donc, malheureux!

ALBERT

Qu'est-ce que vous me demandez?... Je vous le répète... j'ai

joué j’ai perdu... voilà ma faute , voilà mou crime...

Ceux-là, je les reconnais... mais avouer un vol... dont la pensée ne pouvait pas me venir... à moi... qui tout à l’heure

voulais me tuer devant cette caisse pleine à moi qm

voulais mourir pour rester honnête homme?... je vous aurais volé! vou>l... vous... Oui, (montrent rwwiof>i«) les apparences me condamnent, oui, vous avez lu, dans les mains, une preuve qui me confond et m'accable, mais, malgré ces apparences, malgré celle preuve, en face de vous, monsieur, tur la mémoire de ma me ru... je vous le dis, je vous le jure, je ne suis pas un infâme... je ne suis pus un voleur!

DUrEHlUER , brtlirrt U lettre.

Vous oublierez, monsieur, ce que je vous ai si fatalement appris tout à l'heure. Je ne m'en souviens plus. (Hmimi i* p»f.i*r qir trot*.) Cette lettre de votre mère, vous le voyez..... il n’eu

L’AVEUGLE

reste plus de traces Vous n'ètcs à présent pour moi qu'un

commis infidèle dont j’ai pillé... je tairai votre faute... mais je TOUS chasse, (il »* po«r Mrlk. Albert l'atiacli* à lui.) Je VOUJ tll.lS.-e. ALBERT, t<*r dptrtpolr «t ne Inlaaol aux çetinm d« l>n|x-mrr.

Ah! vous ne me quitterez pas ainsi... Je n’ni pas volé, je n'ai pas volé! Par pitié, monsieur! par grâce! mou père!...

DITERRIER, 1» i»g*rd*nt narc in<l<t;«i*tliM>.

Malheureux ! tu me rappelles que j'ai le droit de te maudire.

(Oapemer Mit. Alton, «InkaMnl r«p»u»»> ; , r*l »-.U Unit-r prêt du im'cj?. Il a Miramd dm» u choie l’n»ii|«e bongw ijal éclairait la tc«M. La luat *enlo jetu eacoce Toalryai dmé dan* la chambre.)

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