LOUISE « SUZANNE
11 a encore passé celle-ci!..
A SUZANNE
Ah ! pardon, mesdemoiselles, je suis inconvenante, je vais à mon ouvrage.
LOUISE
Non, reste.
GENEVIÈVE
Restez, Suzanne... vous l’avez soigné aussi.
i.ousk.
Et tu as bien le droit de parler de lui, reste...
SUZANNE
Vous êtes bonnes, mesdemoiselles, de me permettre de causer
L’AVEUGLE
avec vous, mai» bah! voua avez raison : chet les femmes, il n’y 1 a de différent que l'esprit, c’est toujours le même cœur pour ceux qui souffrent. Laîssez-moi être femme avec vous pour un petit instant . ça ne m’empêchera pas de redevenir votre servante tout à l'heure.
GENEVIEVE
Vous disiez donc?
LOUISE
Revenu à la vie, presque à la santé, monsieur Albert nous a avoué qu'il était sorti sans ressources de la maison* de monsieur Duperrier; désespérant du présent et de l'avenir, il! avait voulu mourir, et il était venu s’agenouiller, une dernière foi; 4 , près du tombeau de sa mère.
GENEVIEVE
Dans ce village où Dieu a permis que nous^aous aiTÛiiww celte nuit-là.
LOUISE
U nous avait promis de ne plus attenter à sa vie.
GENEVIEVE
De ne plus douter de la bonté du ciel.
SUZANNE
Il l'a juré à ses deux anges gardiens, disait-U.
Mon père lui a proposé de s’établir ici, dans ce pavillon qui dépend de notre habitation, et d’y reprendre scs éludes de peintre.
GENEVIÈVE
C’était bien.
SUZANNE
Et puis le docteur, qui demeure à deux pas, peut le voir tous les jours.
GENEVIÈVE
El il assure que tout danger a cessé?
LOUISE
Oui.
GENEVIÈVE
C'est qu'il m'avait bien effrayé, monsieur Darcy ; il disait que le poison avait causé de si cruels ravages, qu’il tremblerait longtemps encore pour la vue ou la raison d'Albert.
SUZANNE
Oh ! sa raison, j'en réponds.
LOUISE
Et ses yeux sont excellents ; voyez plutôt tout ce qu'il a fait depuis qu'il est ici. (sit* ta •% du
GENEVIEVE
Oui, tout cela est très-beau. (s'toioMi.) U me semble qu'il a beaucoup de talent.
LOUISE, lai prrnaai I* nul*.
N'est-ce pas, ma bonne Geneviève?
Ah! je crois bien! qu'on me trouve donc un peintre comme le nôtre ; et ce n’est pas tout, vous ne montrez pas le plus beau, mademoiselle.
GENET lt TB.
Quoi donc?
SUZANNE
Et notre sainte Cécile! (ei* **ia** b »iw **i cour* b ut)***.}
LOUISE
Suzanne!
GENEVIÈVE-
Sainte Cécile. — Comme elle vous ressemble, Louise.
LOUISE, TlTlBMt.
Je n'ai jamais posé.
GENEVIÈVE
Oh ! j'en étais sûre.
LOUISE
Comment? 4
GENEVIÈVE
Si vous aviez posé, s'il vous eût eue là, devant lui, sa pensée eût été moins nette, son regard moins assuré, et sa main moins ferme. — Si vous aviez posé, Louise, ce serait moins ressemblant.
LOUISE, lüiliut bi jlttt.
Vous croyez... >
Je ne crois pas, je sais.
LOUISE
Comment?
GENEVIÈVE
Son secret s'est trahi vingt fois dans le délire de la lièvre ; vingt fois en pressant ma main dans sa main tremblante, il ra‘appelail d'un nom qui n’esLpas la mien; Louise, ce nom, faut-il que je vous le redise ?'
LOUISE, conta*.
SUZANNE, «prb «• ni'M-mt A* «itooefl.
Je retourne à mon ouvrage, mesdemoiselles, (bu a owiw.) Vous allez lui apprendre ce quelle sait d’avance, mais ditesle-lui tout de même, ça lui fera plaisir, (eiw ton.}