‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 26 sur 86 · LOUISE « SUZANNE · texte numérisé non relu

LOUISE « SUZANNE

11 a encore passé celle-ci!..

A SUZANNE

Ah ! pardon, mesdemoiselles, je suis inconvenante, je vais à mon ouvrage.

LOUISE

Non, reste.

GENEVIÈVE

Restez, Suzanne... vous l’avez soigné aussi.

i.ousk.

Et tu as bien le droit de parler de lui, reste...

SUZANNE

Vous êtes bonnes, mesdemoiselles, de me permettre de causer

L’AVEUGLE

avec vous, mai» bah! voua avez raison : chet les femmes, il n’y 1 a de différent que l'esprit, c’est toujours le même cœur pour ceux qui souffrent. Laîssez-moi être femme avec vous pour un petit instant . ça ne m’empêchera pas de redevenir votre servante tout à l'heure.

GENEVIEVE

Vous disiez donc?

LOUISE

Revenu à la vie, presque à la santé, monsieur Albert nous a avoué qu'il était sorti sans ressources de la maison* de monsieur Duperrier; désespérant du présent et de l'avenir, il! avait voulu mourir, et il était venu s’agenouiller, une dernière foi; 4 , près du tombeau de sa mère.

GENEVIEVE

Dans ce village où Dieu a permis que nous^aous aiTÛiiww celte nuit-là.

LOUISE

U nous avait promis de ne plus attenter à sa vie.

GENEVIEVE

De ne plus douter de la bonté du ciel.

SUZANNE

Il l'a juré à ses deux anges gardiens, disait-U.

Mon père lui a proposé de s’établir ici, dans ce pavillon qui dépend de notre habitation, et d’y reprendre scs éludes de peintre.

GENEVIÈVE

C’était bien.

SUZANNE

Et puis le docteur, qui demeure à deux pas, peut le voir tous les jours.

GENEVIÈVE

El il assure que tout danger a cessé?

LOUISE

Oui.

GENEVIÈVE

C'est qu'il m'avait bien effrayé, monsieur Darcy ; il disait que le poison avait causé de si cruels ravages, qu’il tremblerait longtemps encore pour la vue ou la raison d'Albert.

SUZANNE

Oh ! sa raison, j'en réponds.

LOUISE

Et ses yeux sont excellents ; voyez plutôt tout ce qu'il a fait depuis qu'il est ici. (sit* ta •% du

GENEVIEVE

Oui, tout cela est très-beau. (s'toioMi.) U me semble qu'il a beaucoup de talent.

LOUISE, lai prrnaai I* nul*.

N'est-ce pas, ma bonne Geneviève?

Ah! je crois bien! qu'on me trouve donc un peintre comme le nôtre ; et ce n’est pas tout, vous ne montrez pas le plus beau, mademoiselle.

GENET lt TB.

Quoi donc?

SUZANNE

Et notre sainte Cécile! (ei* **ia** b »iw **i cour* b ut)***.}

LOUISE

Suzanne!

GENEVIÈVE-

Sainte Cécile. — Comme elle vous ressemble, Louise.

LOUISE, TlTlBMt.

Je n'ai jamais posé.

GENEVIÈVE

Oh ! j'en étais sûre.

LOUISE

Comment? 4

GENEVIÈVE

Si vous aviez posé, s'il vous eût eue là, devant lui, sa pensée eût été moins nette, son regard moins assuré, et sa main moins ferme. — Si vous aviez posé, Louise, ce serait moins ressemblant.

LOUISE, lüiliut bi jlttt.

Vous croyez... >

Je ne crois pas, je sais.

LOUISE

Comment?

GENEVIÈVE

Son secret s'est trahi vingt fois dans le délire de la lièvre ; vingt fois en pressant ma main dans sa main tremblante, il ra‘appelail d'un nom qui n’esLpas la mien; Louise, ce nom, faut-il que je vous le redise ?'

LOUISE, conta*.

SUZANNE, «prb «• ni'M-mt A* «itooefl.

Je retourne à mon ouvrage, mesdemoiselles, (bu a owiw.) Vous allez lui apprendre ce quelle sait d’avance, mais ditesle-lui tout de même, ça lui fera plaisir, (eiw ton.}

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