‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 29 sur 86 · DAB CT · texte numérisé non relu

DAB CT

Eh bien, oui, ma bosse; est-ce que vous croyez que je ne me suis pas aperçu quelle était là, depuis trente-cinq ans que je la porte? j’ai beau faire parfois des songes d’ Adonis, j’ai beau ié ver toutes le# nuits que je la vois qui prend fieux petites ailes et qtii s‘cnvole,en chantant comme pour me dire un adieu, que je lui rends de bon cœur, j’ai brui respirer à pleine pôiti iim on ni écriant, je suis droit, je suis beau! je me réveille, héla» ! ma main se porte en tremblant à mon épaule, I illusion s'évanouit,

A moi?

JO

et la réalité que je palpe, tressaille coût ma main, comme pour . me dire, en se moquant ae moi : Bonjour, bossu.

LOUISE

Monsieur Darcy, vous êtes un-grand philosophe.

DA RCV.

Non, mademoiselle, si je ne riais pat de ma bosse, les autres en riraient; j'aime mieux que l'initiative vienne de moi. M us tout cçla ne me dit pas l'irrévocable projet de mademoiselle Geneviève?

Mon projet?

LOUISE

Elle veut entrer au couvent.

DAt.CY.

Aucouvent, à votre à^cl comment, vous êtes jeune, vous fies belle, et vous mélendrt... allons donc, au couvent ! si vous étiez bossue, à la bonne heure.

Geneviève.

Est-ce qu’il n’y a pas d'autre chagrin que celui-lîi?

DA RCV.

Ce n’est pas un chagrin, je ris toujours, moi.

GENEVIÈVE

D’autres malheurs ?

darcy*

Ce n'est pas un malheur, je ne me plains pas plus qu’on ne me plaint... Seulement cela m’a un peu conlrariéau commencement de ma carrière, j’étais un htm garçon, un peu naïf, un peu bêle, le inonde voulut absolument me trouver spirituel et méchant comme tous les... Quand je diwis une bêtise on se mettait à rire en disant : Comme il a de l'esprit ce boesu-là Quand je plaignais quelqu'un, on prenait cela pour de l’ironie, et on se disait : Comme il est méchant!.. Quand je voulais secourir ceux qui souffraient, ce qui ni était bien facile, puisque j'ai cent cinquante mille livre?, de renies, on se néfiail de mes bienfaits, comme s’ils cachaient un piège, on s'éloignait de moi comme d uo animal dangereux : vous comptent! à quel point cela m’exaspérait; car enfin, je ne pou» aïs pas guider, inutiles cl sans fruits, les cent cinquante mille francs jur an que in'av«il jetés le hasard. Aussi j’ai pris un grand parti et je me sui» fait médecin; je me suis dit; Si les malheureux s’éloignent de moi, les malades n'en feront pas autant, ils sont dans leur lit, ils ne pourront pas se sauver.

Vous avez un excellent cœur, monsieur Darcy.

DAKCT.

Vous croyei?

GENEVIÈVE

Oui, monsieur, oui.. ,

DARCY, Ini prraicl U main.

Vous avex peut-être raison, mesdemoiselles, mais dans tous les cas convenez que ce pauvre coeur là est diablement mai logé.

LOUISE

Vous plaisantez toujours.

DARCV.

Vandrail-il mieux vous attrister? non pas! et pour en revenir à notre petite recluse, je veux qu elle, nie promette d'attendre un peu avant de réaliser son irrévocable projet.

GENEVIÈVE

, Attendre... à quoi bon?

DARCT.

Qui sait? ma petite garde malade... (»*«.) Je me connais en affections de toutes sortes, et j’ai opéré bien des cures que l’on croyait impossibles.

GENEVIÈVE

Je ne vous comprends pas.

DARCT, k».

Et moi je vous ai devinée.

GENEVIEVE, IrfriMfe.

Vous? *

DARCV, h«i.

Attendez encore.

ROUSSEAU, t ainsi.

Monsieur Darcy, on m’a dit que vous venie* d'arriver et je me bâte... Bonjour, Geneviève...

GENEVIÈVE

Bonjour, monsieur.

DARCV.

J’allais me rendre chez vous, monsieur Rousseau, j’ai une communication Importante à vous faire.

LOUISE

Nous vous laissons, messieurs.

DARCY, MtuM.

Mesdemoiselles. *ori»M.)

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