ROUSSEAU, DARCY
ROUSSEAU
Nous voilà seuls, docteur.
DARCT.
Monsieur, il s’agit, comme je vous le disais, d’une importante affaire. J’arrive droit an but. Un jeune homme de cette ville, un peu de mes amis, un beau garçon, lui, très-spirituel, qnoimie très-droit, d'une ancienne famille, et qui porte un IttaffuÇHi, a remarqué mademoiselle votre fille.
ROUSSEAU
Ma fille t
llWjcûhiffeûmine est vicomte, mais il a plus de parchemins' que de billots de banque; il connaît votre grande honorabilité, et je ne vous Je cache pas, votre grande fortune, il serait bien aise de redorer son blason, et...
ROUSSEAU
Et il me demande la main de ma fille?
DARCT.
Précisément.
ROUSSEAU
Je n’ai que quelques mots à \ous répondre, monsieur, je suis
ruine.
DARCY
Ruiné !
IgKOAU*
Hélas! oui; victime d’una friponnerie, je n’ai pas cru devoir crier au vol, et j^ul pris le parti de me retirer du monde. La vente démon étude m’a su fil pour remplir li<sn<»rablernenl tous mes engagements, il uu nous reste- que cette maison et son faible revenu, qui suffira, je l’espère, à l'existence mode-te que nous menons, existence o laquelle je m'accuse civique jour d’avoir condamné mon enfant.
DARCY
Et mademoiselle Louise courrait votre ruine Y
l'ttl&SKAU.
Je n’ai pas eu le courage de lu lui apprendre ; mai? que lui dira je lorsqu'il as présentera un |mrti semblable à celui que vous venez de m'offrir, que ferai-je, si quelque jour la gène, la nusère vient frapper à notre porte?
DARCT.
Eh bien, n'ouvrez pas, et mariez mademoiselle Louise à un homme moins beau, mutas noble, mais plus riche.
rousseau.
Oit trouver un mari qui n'exige pas une dot égale à sa fortune?
DARCV.
Où? mais parbleu, partout. Et...(Ap»>« m ta* mademoiselle Louise aiinc-l-rllc «pidqu’un ?
ROUSSEAU
Personne.
DARCV.
Croyez-vous que, pour être heureuse, une femme ait absolument besoin d adorer son mari ?
ROUSSEAU
Mais
DARCT.
Je ne le crois p.i?, moi, et si vous voulez... je... j’ai un autre parti à vous proposer. *
ROUSSEAU
lin autre, déjà?
DiECT,
Déjà oui, tout de suite. Un homme qui ne demandera
pas de dot, un futur qui a cen» cinquante mille francs de rente , un bon cœur, un beau nom, mais un vilain physique.
ROUSSEAU
Comment vous!
DARCT.
Juste ! avouez que ce n'est pas au bon cœur que vous m'avez reconnu.
ROUSSEAU
Pardon je... Croyez que je suis fiatié...
DARCT.
Pas de phrases banales, je les connais toutes, je sais mon affaire, allez... Comme amoureux, de dos et de profil je suis absurde, mais de face, je ferai peut-être un mari... non, diteslui plutôt un amt présentable; je ne tiens pas à ce qu'elle, m'aime, je tiens seulement à ce qu’elle n’en aime pas un autre; je ne lui demande que lu permission de la rendre riche... si clic y consent, et heureuse... si ça m'est possible.
ftonsnuo.
Monsieur Darcy, j'ai perdu la fortune «le ma fille, je n’ai pas le droit de disposer d'elle contre son aveu, permettez- moi donc de la consulter, de lui dire l'offre que vous voulez bien nous fait«e, et j’y vais de ce pas.
DARCY
Soit, mais sans me nommer, sans me nommer d'abord, ça l'effrayerait trop ; vous me le promettez?
ROUSSEAU
Je vous le promets; je lui parlerai seulement d'un prétendant tiès-désinteressé qui a... un beau nom une belle fortune...
• DARCY
Et un vilain physique... c’est très-important.
umuiD.
Au revoir monsieur Darcy.
DARCT.
Au revoir, mon citer monsieur Rousseau, (rouik»u .ou.)