BOISSEAU
Monsieur Albert, avant de partir, M. Darcy s’est longuement entretenu avec moi, il ma dit votre amour pour ma fille et l'amour que Louise a pour vous...
ALREBT.
Et vous avez répondu, monsieur?...
* ROUSSEAU
Ce que je viens vous dire à vous-même... ma fille est pauvre, monsieur Albert.
ALBERT
Pauvre.
ROU3SZAU.
Sa pauvreté est mon ouvrage, et je n’ai pas le droit <le lui refuser l'époux de son choix... lin autre eût pu la rendre riche; vous, monsieur, rendez-lu heureuse.
ALBERT
Heureuse!... oh! monsieur, tout ce qu’un bomme peut avoir de courage, je l'aurai pour elle... tout ce qu'un fils peut avoir de dévouement, je l’aurai pmr vous, mon second -père; non... mon père, le seul que le ciel m'ait laissé!... Vous êtes pauvre, dites-vous... pardonnez-moi, . monsieur, de ne pas m’attriste, do votre pauvreté... je suis presque riche, moi... j'ai du talentr monsieur, j'ai du talent... Oh! ce n’est pas moi qui dis cela, ce n'est pas mon orgueil qui p.irie; non, non, tenez, lisez : ce qu'au nie propose, monsieur, c’est une existence honorable pour elle, pour vous, pour les enfants que Dieu m’enverra!... Ali ! vous me parlez en tremblant de votre ruine ! mais je m on réjouis, moi; oui, je h bénis? cette pauvreté qui me relève à mes propres yeux, qui fait de moi le chef de famille respecté , le soutien de ina femme et 1 appui deiuon père... Ah! noble pauvreté, je te bénis!
rousseau.
Louise, tu seras heureuse ! Mou ami, mon fils... (u e«.t>ra«« Atoll»)
ALBERT
Ne me faites pas pleurer, mon pire... j’ai les yeux obscurcis parles larme*, et il faut que Je travaille... je. veux ce soir livrer ce tableau, je veux l’avoir achevé le jour même où s'est décidé mon mariage, {u i [»;> « p n«u «t *♦» i>k«u.J Cette fois, Louise, vous ne refuserez pas de poser.
LOUISE
Oh! non, certes 1
ALBERT
C’est pour vous que je travaille, pour nous... (z* iIîmiu cm n*t*,
il »V*t ilitpmt? A rcmani... •• t'aoil*, foan «u» piftceaa »n» lo chevalet et |mimo I* main à M»
Je suis prête.
ALBERT, un ii.'jaWlode.
Meici... mais je ne vois pis bien... (il ** o«t te de u tertre.) Est-ce que le jour baisse déjà?
ROUSSEAU
Non...
LOUISE
Pourquoi demandez-vous cela?
ALBERT, A N’D l»M«*«.
J’ai eu trop d'émotions aujourd'hui, (n et*»* de peiatre, et ('arrête ••oere.) J'ai pleuré, j'ai trop pleuré... Allons! ce ne sera rien...
Ce IH* sera...(ll •* le. Dtim tur k» yeus, pu* aVerie en-c r«rre : ) Mais
je vous dis que la nuit vient... une nuit étrange! une nuit plus sombre et plus terrible que les autres...
LOUISE
Mon Dieu!
ROUSSEAU
Que dil-il?
ALBERT
Louise! Louise ! (il u-bj i«. «»m* «en elle.)
LOUISE
que je finis cette fleur... lise* les deux lettres que je vous ai apportée*. 11 y en a peut-être une de monsieur Darcy.
unir.
Tu me parles; mais lu lie peux pas me voir, n'est-ce pas? lu ne peux nas me voir, puisque je ne te vois pus, moi!... Mais diles-moi donc qu'il fait nuit... lW** ...me u-*.. ;«»•».) Trois heures!... Ah! je suis aveugle!... aveugle! (u u-n.be «umi.)