‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 62 sur 86 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LçsMtaLS, ALBERT.

LOUISE

C'est mon mari, monsieur.

Dl'IERRIER, l'aw Yoix merde.

C’est lui! il a Osé... (n court wa Albert, lu bru '«y*, <MQ]Br peur la c lia» rr.)

LOUISE

Mon Dieu!

ALBERT, avre calme.

Excusez-nioi, monsieur, de n’rtre pas entré tout de suite, je ne pouvais pas me guider tout seul... je suis aveugle.

DmJtRIFR. ,

Aveugle! (tony ,‘rtioco «ur Duperrier et le force »a ilVntu.) Lllü llli,

aveugle !

DARCT, ha,.

Hélas! oui, monsieur...

ALBERT

Que se passe-t-il donc ici?..! (apv*u»i.) Louise, Louise! (a Juliette.) Où donc est ta mer»*?

LOUISE, r«nraal A lui.

Me VOilà! (RII» rrgarlu lliif.irlrr avec cUuuarumt.)

DUPERRIER, yi pnnr (orlcr A Albrrl.

Oh! je veux...

DVRCT.

Mons eur, un mot de vous, un cri, et tout espoir de guérison est à jamais perdu.

DUPERRIER

Je me tairai, docteur, je me tairai, et pour qu’il ne reconnaisse pas ma voix, c’est Geneviève qui l’interrogera

GENEVIEVE

Moi!

DARCT.

Soit... (mm.) Mon cher Albert, vous cherchez M. Duhamel, le maître de celle maison, il n’est pas ici, il n’y a dans ce salon que mademoiselle Geneviève et moi.

ALBERT

Geneviève!... Bonjour, Geneviève. On m’a dit que Louise devait trouver ici un emploi; mais j’ai compris que M. Duhamel, à qui sans doute le docteur nous avait recommandés, déguisait ainsi sa générosité envers nous...

DARCT.

Moi, je vous jure... #

ALBERT

Ne jurez pas, mon ami, vous savez bien que ce que je dis est vrai, et quelle que > .it la générosité de M. Il ihnmcl. je ne dois pas accepter. Pitié pour pitié, j'aime mieux alb r implorer celle... d une autre personne. Cette commisération je la payerai peut-être de bien des larmes .. mais du moins, de cette personne à moi les secours peuvent s’accepter sans rougir; car cette personne, c’est mon perc.

DUPERRIER, à part.

Ah! mon Dieu, mon Dieu...

DARCT, ha*.

Croyez-vous que ce père-la ne s'attendrira pas?

DUi'LRRIkR, U* t GnnAtf.

Pourquoi n’a-t-il pas demandé plus tôt le secours de... celte personne?

GENEVIEVE.'

D’où vient, monsieur Albert, que malheureux depuis si longtemps, ce soit aujourd'hui seulement que vous songiez à votre pète?

ALBERT

Ah!... c’est qu’il exige de moi un bien. douloureux sacrifice*

■* DUH.KRIER, ht».

Un sacrifice!...'

ALBERT

Il m’accusait d’une faute que le n'avais pas commise, d’un crime dont je ne m’étais pis souillé; et, pour qu’il me routiit ses bras, il fallait m’eu avouer coupable!... 11 voulait bien me rendre sa tendresse, mais il fallait la payer d une honte!... EslA:c que c’était possible, dite»?...

L’AVEUGLE

# LOUISE

Alberto, mon ami...

Oh! je ne peut pas lui en vouloir. Un concours «le circonstances incroyables, les preuves les plus accablantes, tout me condamnait. Je ne pouvais invoquer que vingt-quatre années d'une vie irréprochable; je n’avais, pour me défendre que des protestations et des larmes...

DA ROT, t>nr* .1* lai.

Et il a pu ne pas vous croire !

ALUF.KT, aicc aigaitl.

Il a fait ce qu’il devait faire, mou ami. Persuadé, convaincu «le mon crime, il m’a ollert un paidon en échange d’un aveu! Uites-moi donc quel cœur eût agi plus noblement?

DUPE RRIER , bat cl IcoiLbi le* mimt «en Al tort.

C'est lui qui uie défend e-.core!... oh! c'est bien, mon fils, c'est bien!

ALBERT

Depuis ce temps, le maiiu-ur a épuisé toutes nos res- ;• urces, toutes mes forces, tout mon courage. El, bien qu’il m'ait chassé, lui, c'est en lui seul que j'cs|«t*re. J'irai , maintenant que je ne peux nias voir la colère dms sus yeux, j’irai frapper humblement a sa porte, j'irai m’agenouiller devant lui, et je lui dirai ! « L'aveu que j'ai refusé du faire autrefois, je le fais aujourd'hui! Eh bien! oui, j'étais coupable! ch bien! oui, i'ai volé! J'ai une femme, un enfant; ils sont innocents Ceux- Là. Montrez-vous sans pitié pour uioi, mais soyez charitable pour eux!... »

bUfERRIER, éclatant.

Ah ! c’en est trop, Albert !

ALRERT.

Cette voix!...

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