ACTE IL
, ALBERT
Moi, monsieur... (Baisant la lettre arec des sanglots.) Moi, je bénis ma mère.
DUPERRIER
Oh! elle a été vengée! Le coupable a bien souvent pleuré sa faute... ilia pleure encore.
ALBERT
Il existe donc?
* DÜPERR1ER.
Ebloui par un riche mariage , il a foulé aux pieds les serment les plus saints, les devoirs les plus sacrés. La femme, qui à défaut de bonheur lui avait apporté sa fortune, est morte jeune, lui laissant un fils. Ce fils a été une expiation, un châtiment... Pendant que Sophie Morel, la pauvrè abandonnée, bénissait son enfant... moi... je maudissais, je chassais le mien.
ALBERT
Mon Dieu!
DUPERRIER
fêtais seul au monde, dévoré de chagrins et de remords, quand tu entras ici, il .y a un an, m’apportant cette lettre, cette lettre qui m’apprenait que j’avais encore un enfant à aimer. ,
Moi... moi... votre fils...
DUPERRIER, le pressant sui «on cœur. ,
Oui... tu es mon fils. .. je ne puis te donner ce titre publiquement... je te le donne devant Dieu. Je te le donnerai sur la tombe de ta mère... tu me consoleras,..'. Autant que je le pourrai, je te ferai l’égal de l’enfant indigne que j’ai chassé... Quant à la part dans ma succession... .cette part, mon ami, tu ne la devras qu’à toi-mème par ton travail, et quand je t’aurai fait indépendant, honoré, heureux, ta mère et Dieu me pardonneront peut-être?
• ALBERT
Oh! monsieur... oh! mon père. Oh! ne craigne^ pas que je trahisse jamais un secret que vous devez garder pour le monde, pour votre fils!... votre fils!... Oh! quand nous serons seuls... vous me le donnerez, ce titre dont je me croyais à jamais * déshérité. (Revenant à lui-même.) Mais ce titre, eu suis-je oigne à présent?
DUPERRIER
Te l'aurais-je donné, si j’avais encore pu douter de toi?
ALBERT, 1 part.
Mon Dieu ! comment lui avouer... (a ce momeDt on frappe A la porte de gauche, et Rémy entre.)
L’AVEUGLE