ACTE II
Mais...
DUPERRIÉR.
Assez ! assez ! sortez.
, RÉMY, à part.
Je ne voulais rien dire, moi. (u «on).
ALBERT
Je rêve.
DUPERRIER, te retournant vert Albert.
Rendez-moi vos comptes, monsieur.
ALBERT, inrpria.
Mes comptes... . .
DUPERRIER
Sans doute... où est votre livre de caisse?
ALBEP.T.
Le voilà, monsieur!
DUPERRIER , regardant tonjonra Albert.
Vous avez... vous devez avoir... je ne sais plus...
ALBERT
Cent quatre-vingt-deux mille francs.
• DUPERRIER, même jeu.
Oui, c'est cela.
ALBERT
Soixante-douze mille francs en un mandat sur la maison Chevreul, cent mille francs en billets de banque, le reste-en or, en argent, et tout est là dans ma caisse.
DUPERRIER, même jen.
Vous en êtes bien sûr?
• ALBERT, lorprit.
Oui, monsieur. (Comprenant le regard de Duperrier.) Ah ! il me SOUp-
Î onne, lui, lui! (courant à la cai«e.) Tenez, monsieur, il y a là dixuit mille francs en or et deux mille francs en argent, (il le* lui montre «nr le* tablette*.) Voilà les mandats sur la maison Chevreul, voilà les billets de banque, voilà tout, tout, (comptant le* billet*.) Dix, vingt, quarante, cinquante, soixante, (u *• arrête.) Oh! mon Dieu!
DUPERRIER
Quoi donc?
* ALBERT
Il me manque quarante mille francs.
DUPERRIER, arec effort.
Cherchez bien.
ALBERT, qnl a examiné la caille et le* tiroir* du bureau.
Tiens, tiens, les cent mille francs étaient là tantôt. J'en suis sûr.
DUPERRIER, s« levant.
C'est qu'alors vous n’aviez pas payé votre dette de jeu.
ALBERT, vivemant.
Moi, je n'ai pas payé?
DUPERRIER
Vous n’avez pas payé.
ALBERT
Non, monsieur!
DUPERRIER
Voilà le reçu de votre adversaire, il vous Fenvoie dans l’enveloppe qui renfermait les trente- trois mille francs en billets... Voyez l’adresse mise sur cette enveloppe, c’est bien de votre écriture.
* ALBERT. ‘
C’est vrai; pourtant, monsieur, je vous jure...
DUPERRIER
Oh ! assez, monsieur, assez de mensonges et d’hypocrisie
Cet argent, je sais maintenant où vous l’avez pris... malheureux ! Vous me trompiez! vous me voliez!.....
ALBERT
Moi ! moi!.. ..
DUPERRIER
Démentez donc cette preuve ?»*.
Oh! tout cela est un horrible rêve... Je suis fou, n’est-ce
pas?... je suis fou !... (Regardant l’enveloppe que lui présente Duperrief.)
Non... non... tout est réel... On m’accuse, moi... Oui, monsieur, j’ai joué... Oui, j’ai perdu... mais plutôt que de détourner un centime de votre caisse , je serais mort, monsieur, je serais mort !
DUPERRIER
Mais ce faux désespoir, ces larmes feintes, sont lâches et infâmes... Voyons!... voyons!..... je pourrai pardonner un moment d’entraînement, un éclair de folie... je pourrai pardonner
au repentir Voyons, avouez votre faute, votre crime.... par
respect pour la mémoire de votre mère, je vous pardonnerai... Mais avouez... avouez... Avouez donc, malheureux!
ALBERT
Qu’est-ce que vous me demandez?... Je vous le répète... j'ai
joué j’ai perdu... voilà ma faute , voilà mon crime...
Ceux-là, je les reconnais... mais avouer un- vol... dont la pensée ne pouvait pas me venir... à moi... qui tout à l’heure
voulais me tuer devant cette caisse pleine à moi qui
voulais mourir pour rester honnête homme?... je vous aurais