LOUISE, ALBERT, JULIETTE
(Louise, épouvantée des derniers mots de l'Inconnu, est retombée sur sa chaise, sous la tonnelle. Albert entre guidé par Juliette.)
ALBERT, s'arrêtant au fond.
Merci, chère enfant , je n'ai plSs besoin de ta petite main pour me guider. Ta mère est là, n'est-ce pas?
JULIETTE
Oui, sous le berceau.
ALBERT, voulant marcher seul.
Bien je sais... je sais.
JULIETTE
Prends bien garde !
ALBERT, bas.
. Donne-moi notre bouquet.
LOUISE, & elle-même.
Cet homme me fait peur à présent. (Albert et Juliette se sout rapprochés de Louise et l’embrassent en même temps.)
JULIETTE
Maman !
ALBERT
Ma Louise !
LOUISE, les serrant dans ses bras.
Ah ! vous voilà ; ne me quittez plus.
ALBERT
Nous sommes en retard , mais ne nous gronde pas trop fort.
Nous avions formé un petit complot avec Juliette tu aimes
les fleurs , et l'hiver a fait périr toutes celles de notre jardin.
Ce matin, Juliette m'a conduit chez le père Gérôme, notre voisin, il nous a permis de dévaster pour toi tout son enclos. Alors, nous avons choisi, Juliette les nuances, moi. les parfums que tu préfères, et à nous deux, nous avons composé ce bouquet. 11 y a six ans, à pareil jour. Dieu nous envoyait Juliette, et ce jour là, ma Louise, je n’ai que des actions de grâce et de «
la joie dans le cœur... Entre vous, mes deux anges je suis
heureux... (le* embrassant) oui... bien heureux... Que fais-tu donc?... de la dentelle encore lu n’en portes jamais.
LOUISE
Je brode un devant d'autel, pour le couvent de Geneviève.
ALBERT
Ah! très-bien.
L’AVEUGLE