SCÈNE XIII
Les Mêmes, LOUISE, L’INCONNU, iu arrivent par le perroo.
LOUISE, indignée.
Me suivre jusqu’ici, monsieur, c’est indigne.
. " L’iNCONNU, ba« en montrant Albert.
Prenez garde, madame, celui qui ne peut me voir peut vous entendre.
SUZANNE, l’apercevant, et & part.
Ah ! lui ici ! .
\ . LOUISE, suppliant.
Sortez, monsieur, sortez !
L’AVEUGLE
ALBERT
N’est-ce pas la voix de Louise que j'ai entendue?
LOUISE
Oui, mon ami, je rentre. (b»« & l’inoonnn.) Partez, mais partez donc!
l’inconnu.
Je ne sorlirai que lorsque vous m’aurez promis de m'entendre ici, ce soir. t
» LOUISE
Jamais.
l’inconnu.
Je reste, alors. (Montrant Albert.)
LOUISE, indignée.
Ah!
SUZANNE, éclatant.
Eh bien non, vous ne resterez pas !
ALBERT
A qui parles-tu donc ainsi, Suzanne?
SUZANNE
A un insolent qui insulte madame.
LOUISE, effrayée.
Suzanne.
ALBERT, bondissant.
11 est ici ?
SUZANNE
Et il n'en veut pas sortir.
ALBERT
Oh! je t'en chasserai bien, moi.
LOUISE, connut à Albert qu'elle embrasse.
Mon ami !
ALBERT
Oui, sur mon cœur, Louise, c’est là ta place, c’est là ton refuge.
SUZANNE, à riuconnu.
; Vous en irez-vous à présent?
ALBERT, guidé par la voix de Suzanne.
Non, non, je ne veux pas qu’il parte. 11 faut, avant, qu’il m’entende, il faut surtout qu’il me parle, pour que moi, qui ne peux pas le voir, je reconnaisse sa voix... alors, quand elle s’élèvera quelque part cette voix... je pourrai dire : L’homme qui vient de parler est un lâche.
L’INCONNU, faisant un pas.
Monsieur !