ACTE Y
ARMAND
Là, du moins, nous aurions trouvé, lui d’habiles médecins...
RÉMY.'
Et vous, monsieur, des beautés mpins farouches.
ARMAND
Oh ! je ne resterai certes pas longtemps à Nîmes.
DUPERRIER, entrant.
Librèà vous, monsieur, d'en partir dès aujourd’hui.
Mon père...
DUPERRIER, à Rémy.
Et ce médecin que j’ai demandé?
RÉMY
Il sera ici dans un instant.
DUPERRIER
Laissez-nous, et annoncez-le dès qu’il arrivera. (Rémy «on.)
ARMAND, à part.
Nous allons avoir des reproches, de la morale, j’aime mieux
m’en aller. (U fait quelque» pa» rer» la porte.) v
DUPERRIER
Restez, monsieur.
ARMAND
Pardon, monsieur, mais un rendez-vous important...
DUPERRIER
Oh! je ne vous retiendrai pas longtemps, et vous pourrez aller à vos importantes affaires. Je veux savoir pourquoi vous avez donné, ce matin, l'ordre de descendre un meuble qui se trouve chez moi? >
ARMAND
Permettez-moi de vous faire observer, mon père, que cette maison fait partie de la succession de ma mère, que personne ne m'en a jamais contesté la propriété.
Jusqu'au jour où, pour empêcher le scandale de poursuites.» causées par vos folles dépenses, je vous ai prêté sur cette maison des sommes qui en représentent presque toute la valeur, en sorte que, si l’on comptait juste, j'en serais bien plus que vous le propriétaire...
armand;
Si j'ài demandé qu’on descendît ce meuble, c’est que j'ai tout lieu de croire qu'il renferme certaines valeurs qui doivent m'appartenir.
L’AVEUGLE
DUPERRIER, arec amertume.
Ah! oui, des valeurs... de l'argent... est-ce que vous paraissez jamais ici pour un autre motif?
ARIIANO.
Vous vous trompez, monsieur, je m’informais à l’instant de l’état de votx-e santé.
DUPERRIER
Et la réponse... vous a satisfait sans doute, car on a dû vous dire que je m’affaiblissais chaque jour davantage.
ARM AMU.
Oh! soyez persuadé mon père...
Ah! des phrases sentimentales, de6 protestations de respect ou de tendresse ! à quoi bon ? vous savez bien qu’elles ne me touchent pas. Croyez-moi donc, laissons cela et parlez de ce meuble.
ARMAND
Eh bien, je dédie savoir ce qu’il renferme, parce qu’un ouvrier de cette ville est venu me trouver ce matin. « Monsieur, m’a-t-ii dit, si vous vendez cette maison, comme on l’assure, visitez, avant de le livrer, un petit meuble en ébène qui se trouve dans la chambre qu’habitait madan e votre mère. A ce meuble, il y a un tiroir secret connu d’elle et de moi seulement C’est une petite moulure placée à gauche, qui fait jouer le ressoit, lorsqu’on appuie dessus avec force. Madame Duperrier m'avait elle-même commandé ce meuble, et comme elle est morte subitement pondant un voyage à Paris, il est prpbable que les objets qu'elle y renfermait n’avaient pas été retires par elle et n'ont encore été trouvés par personne. » Ur, monsieur, si comme j’ai lieu de le croire, ces objets précieux existent en eff t, c’est à moi qu’ils appartiennent et vousnevous opposerez pas, je l’espere, à l’ordre que j’ai donné.
DUPERRIER
Soit, monsieur, faites apporter ce meuble ici, s’il renferme... (avec amenuise) quelque trésor, comme vous l’espérez, soyez sans crainte, ce n’est pas moi qui vous le disputerai. Mais souvenezvous que j’entends qu'il ne soit ouvert que devant moi.
ARMAND
Puisque vous l'exigez, je vais à l’instant renouveler cet ordre. •
(U son.)