SCÈNE VIII
GÉDÉON, DUCROC, EUDOXIE.
DCCROC.
Maudit aveugle! il va rester là ; ,c’est très-gênant. [Le voyant assis près d’ Eudoxie, qui brode auprès de la table.) Le voila établi à ma place... {Il va lui frapper sur l'épaule.) Hé! dites donc, l'ami!
GÉDÉON
Qui est là?
DUCROC.
Moi, Ducroc 1 vous êtes sur ma chaise!
gédéon, sans se bouger.
Pardon, monsieur; si j’avais l'usage de mes yeux, j’irais vous en chercher une autre.
Mais il ne m'en faut pas d’autre, c'est celle-là que je veux.
gédéon.
Et pourquoi? j'aime beaucoup ça... et pourquoi?
ducroc, avec impatience.
Pourquoi? {Avec colère.) Parce que je désire parler a M llc Eudoxie, et que tu occupes ma place auprès d’elle 1 Y es-tu maintenant?
GÉDÉON
Elle est auprès de moi? où ça?
11 étend les mains vers Eudoxie.
DUCROC.
A bas les mains 1 à bas les mains!
gédéon, prenant la main d' Eudoxie.
Ah! oui, voilà sa main; vous aviez raison , je suis auprès d’elle !
DUCROC.
Cousine , flanquez-lui donc des coups sur les doigts.
EUDOXIE
A un aveugle ! je n'en aurais pas le courage.
ducroc.
Ah ça, te lèveras-tu, lourdaud!
eudoxie, bas, d Gédéon.
Levez vous, il se fâcherait.
gédéon, à Ducroc.
C'est bon! on se lève!... ne criez pas... je me lève!
ducroc, le conduisant brusquement à un fauteuil à gauche.
Venez par ici.
GÉDÉON
Pas si vile, pas si vite! Ah! mon caniche !.,« où est mon caniche?
ducroc, /e faisant asseoir.
Mettez-vous là, el tenez-vous tranquille.
GÉDÉOX.
C'est vous qui me dérangez toujours.
ducroc, revenant n Eudoxie.
Enfin nous pouvons causer.... (Au moment de s'asseoir, il voit son chapeeu.) Qu'est-ce que c'est que ça?... Ab bien ! mon chapeau écrasé.
gédéos, se levant.
Vous m'appelez
Dccnoc.
Mais, scélérat! tu as aplati mon feutre !
gédéox.
Je l’ai aplati... avec quoi T
DUCROC.
Comment, avec quoi?.. Allons ! va-t’en là-bas l mais va donc I
Il le repoussa dans le fauteuil.
GÉDÉOR.
Oh!
BUDOXIB.
Prenez garde, monsieur Ducroc.
gédéox.
Butor 1 Ya!
ducroc, regardant son chapeau.
C’est seize francs! j’en achèterai un autre!... c’est seize francs!... Maintenant, ma chère petite cousine, causons d’amitié, tandis que votre tante n’est pas là.
gédéox, à part.
J’y suis, moi.
DUCROC.
Jusqu'ici je flotte dans une incertitude... Vous connaissez son projet... moi, je le trouve joli... mais peut-être ne l’envisagerez- vous pas... (Gidéon tire des sont de sa clarinette, Ducroc porte vivement la main à ses oreilles en se retournant.) Ahl voilà une autre idée! veux-tu bien te taire! hé!...
GÉDÉOX.
Pardon, je me croyais seul; je filais des sons.
Eh bien! file! va les filer dans la rue... je te donnerai deux sous; va dans la me.
GÉDÉOX.
Ça suffit 1
ducroc.
Oui, délicieuse cousine! votre tante a dit : je veux! mais, vous, je crains que votre petit cœur ne fasse de l’opposition!... ainsi parlez!... Yous plais-je? dites-le-moi sans détours ou avec détours, mais dites-le-moi!... je vous en prie à genoux!
Il se jette à genoux.
EUDOXIE
Monsieur, vous m’embarrassez beaucoup , mais les volontés de ma tante...
gédéox, qui s’est levé pour sortir, se heurte après
les pieds de Ducroc , chancelle et se retient
après son faux toupet, qui lui reste dans la
main .
Ah!
ducroc, portant la main d sa Ute .
Sacrebleu ! je suis à nu 1
BDDoxiB, riant.
Ha ! ha ! ha !
gédéox, chiffonnant le faux toupet. Qu'est-ce que je tiens? Est-ce que nous sommes dans le jardin?
DUCROC.
Imbécile 1
gédéox.
Je suis tombé sur le gazon !
Ducroc lui arrache sou toupet.
BUDOXIB.
Ha! ha ! ha !
DUCROC.
Me voilà ridicule ! et c’est ce fléau-là ! Ah ! je vais lui briser quelque chose!