SCENE VII
GÉDÉON, DUCROC, PÉLAGIE, pu it EL'DOÏIE.
ducroc, voyant Gédéon en contemplation devant le dessin.
Qu’esl-ce qu’il fait là? voyez donc!
GÉDÉON
Si je ne craignais de noircir mes lèvres, je les appliquerais sur ce travail.
DUCROC.
C’est qu’en vérité on dirait qu’il y voit!
PÉLAGIE
Il y voit! quelle idée!
ducroc, s’approchant de Gédéon et lui frappant sur l'épaule.
£h bien , mou cher !
gédéon, d part.
Oh ! ils étaient là !
eudoxie, entrant, à part.
Ah! mou Dieu ! il tient mon dessin... ie trernblel J
DUCROC.
Hein? comment trouvez-vous ça?
gédéon.
Ça?... quoi ça?
, DUCROC.
Ce dessin?
GÉDÉON
Un dessin!,., c’est une gravure I ducroc.
Gravure ou dessin, comment trouvez-vous çat gédéon, d part.
Uuiuns! [Haut.) p 0 , mal! autant que me» faibles doigts peuvent en juger!... car ce sont met yeux a nous autres.
11 passe la maio sur le dessin, DUCROC.
Mais prenez donc garde! vous allez tout effacer.
PÉLAGIE
Il n'y voit pas, j’en étais sûre!
Mais ce dessin... voyons, qu’est-ce que c’est? GÉDÉON.
Parbleu ! c’est un bateau à vapeur.
Ducnoc.
Un bateau?
gédéon, indiquant avec le doigt.
Voici 1a cheminée ! j’ai bien reconnu fa cheminée I
MAGASIN THEATRAL
ducroc, lui prenant le dessin.
Ceci T mais c’est le nez, malheureux!... c'est le nez.
GÉDÉON
Comment le nez? le nez du bateau?
DUCROC.
A b! quelle taupe! quelle taupe! ( Examinant le dessin.) Ah! mon Dieu! (A part, à Pélagie.) Voyez donc !
PÉLAGIE
Quoi ?
DUCROC.
Son portrait!
En effet! Comment, Eudoxie, vous auriez sans ma permission...
EUDOXIS.
Ma tante, je croyais bien faire... je voulais voir si je pouvais dessiner d’après nature.
DUCROC.
Vous appelez ça d’après nature... un aveugle!
PÉLAGIE
Allons, allons, c’est un enfantillage!... Je voua laisse avec elle, tâchez de lui plaire.
DUCROC.
Je ne lui plais donc pas?
PÉLAGIE
Si fait; mais un peu de galanterie.*.
DUCROC.
Emmenez l'aveugle.
Pélagie, à Gédéon.
Gédéon, je vais donner des ordres pour votre déjeuner. Prenez mon bras, vous m'accompagnerez.
GÉDÉON
Merci, ma belle protectrice, je ne veux pas vous donner cette peine; je suis très-bien ici.
Sans doute; mais c’est que ma nièce et mon cousin...
GÉDÉON
Oh ! ils ne me gênent pas... ils peuvent rester, ils ne me gênent pas.
ducroc , à Pélagie.
11 ne comprend rien, c’est une brute.
PÉLAGIE
Je reviens dans l'instant.
ENSEMBLE
Air : Partes puisque Ton vous réclame (Turlulutu).
DCCROC.
Allons, je sens que de mon âme Vous avez calmé la frayeur ;
Votre nièce sera ma femme ,
Le danger ne me fait plus peur.
PÉLXCIK.
Allez, et dans le fond de l'irac Ne conservez nulle frayeur ;
Ma nièce «ira votre femme ,
Je réponds do votre bonheur 1 gédéon , <i part.
U doit trembler au fond de l'ârac ;
Pour moi j’approuve sa frayeur,
Et si jamais elle est sa femme ,
Je peux lui prédire un malhcurl EDDOXIC.
Hélas 1 je tremble au fond de l’àme ;
Comment leur cacher ma douleur!
S'il me faut deveuir sa femme,
Je dois renoncer au bonheur.
Pélagie sort par la gauche. Pendant que Ducrvc la reconduit , Gédéon va s'asseoir sur la chaise que Ducroc a mue auprès d' Eudoxie , et sur laquelle il a placé ton chapeau.