‹ L'aviation (volume 2)Chapitre 18 sur 57 · LE VOL PAR UN VENT RÉGULIER · texte numérisé non relu

LE VOL PAR UN VENT RÉGULIER

temps que OD et la réaction OR qu'il produit peut rester notable malgré la diminution de Tangle d'attaque, surtout si Taile est concave et non pas plane*. Cette force OR normale à AB sera encore décomposée en une force verticale OV dirigée vers le haut et équilibrant le poids et en une force propulsive OH qui augmente la vitesse horizontale jusqu'au moment où elle est exactement équilibrée par les résistances passives opposées par Tair aux parties de Toiseau autres que raile^

Remarquons qu'en volant contre le vent, le vent relatif se trouve augmenté et par suite la poussée sustentatrice. Si Ton cherchait à voler dans le vent, le vent relatif serait diminué et deviendrait très faible si Ton atteignait une vitesse voisine de celle du vent et, par suite, la force sustentatrice ferait défaut et il y aurait chute. Ce n'est que par un vent extrêmement violent qu'un oiseau pourrait pratiquer le vol plané en se déplaçant vite dans le sens du vent, car, alors, il pourrait avoir une vitesse notable bien que sensiblement inférieure à celle du vent. Au contraire, contre le vent, la vitesse peut aisément

1. Voir la note I. Sans entrer ici dans le détail des calculs, observons que la réaction est proportionnelle au carré de la vitesse et au simple sinus de l'angle d'attaque. L'augmentation de la vitesse a donc une influence plus grande que la diminution de l'angle d'attaque.

2. On réserve habituellement le nom de traînée à la projection de la réaction totale OR sur la direction de la vitesse relative et celui de poussée à la projection de OR sur la normale à la vitesse relative dans leur plan. Dans le cas où la vitesse relative est horizontale, la poussée est verticale et équilibre le poids de l'oiseau (ou de l'appareil d'aviation).

VÔL ÙÉS OÏSÉÀUX

atteindre et même dépasser celle du vent, du moment que le vent est ascendant. Nous avons négligé dans cette discussion la question de stabilité ; prenant les choses à ce point de vue on verrait qu'il y a également avantage à voler contre le vent.

Des remarques analogues peuvent être faites pour la navigation à voiles, mais elles restent sans utilité pratique à cause de l'importance considérable des résistances passives. Théoriquement, si Ton pouvait arriver à diminuer considérablement ces résistances, on pourrait aller beaucoup plus vite contre le vent que dans le vent * ; car, dans le vent, la vitesse devrait rester toujours inférieure à celle du vent. Il est à peine besoin d'ajouter que l'importance des résistances passives modifie entièrement ces conclusions : on navigue moins vite contre le vent que dans le vent.

Le vol par un vent irrégulier.

L'étude de ce cas présente de grandes difficultés. Il ne suffit pas d'observer les oiseaux et des photographies ou cinématographies de leurs

I. La question nic*ritcrait une étude assez délicate h cause de la nécessité de ne tenir compte, ici aussi, que du vent relatif: on peut dire qu'elle est assez analogue à celle que nous venons de traiter, à condition d'interpréter la figure précédente comme une projection horizontale et non verticale : la ligne A B serait la voile du bateau qui suit la route O D ; la poussée O R du vent relatif M O sur cette voile se décompose en une force propulsive O H et en une force déviatrice O V qui doit être annulée par la quille et le gouvernail (d'où des frottements considérables) ; on peut ainsi naviguer vers le N par exemple avec un vent souftlant du N-O, mais les frottements diminuent pratiquement beaucoup la vitesse.

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