‹ L'aviation militaireChapitre 21 sur 51 · LETTRES XXV · texte numérisé non relu

LETTRES XXV

constances ne vous aient pas permis de donner plus d'essor à une science qui était à son embryon, car je suis convaincu qu'avec l'appui qu'on vous devait et que l'on ne vous a pas donné, vous auriez réussi, et l'aviation serait aujourd'hui en pleine évolution.

Aussi, je suis doublement heureux de votre appel. J'estime que c'est le devoir de tous ceux qui le peuvent, de nous faciliter la tâche, et le meilleur moyen de nous faciliter cette tâche ardue, c'est de ne pas nous ménager les encouragements moraux et l'aide pécuniaire au besoin.

Je suis anxieux de voir cette science essentiellement française prendre un large essor et ne pas se laisser distancer par les nations rivales qui, attentives, suivent nos progrès en en pesant tous les avantages.

Tous mes efforts tendront toujours à rendre définitive cette conquête de l'air, mais pour cela, il est nécessaire que soient supprimés tous les obstacles qui barrent sa route. Le résultat sera acquis grâce à une sage protection et grâce à l'entente de tous ceux qui apportent leur tribut à cette science si complexe de l'aviation.

H. Farman.

RÉPONSE DE M. Ader A M. Henry Farman

Beaumoni, le 21 octobre 1908.

A Monsieur Henry Farman, à Paris.

Cher Monsieur,

Votre lettre me parvient ici, elle me ça droit au cœur, A vous, le vaillant parmi les vaillants de l'aviation, je dirai : Ne vous découragez pas ; afin que vous le répétiez à vos confrères aviateurs. Oui, on vous doit des encouragements moraux et pécuniaires. Et c'est au gouvernement qu'incombe, surtout, le soin de vous les donner, parce que vous travaillez tous pour la Patrie. Et c'est pour cette raison, lorsqu'ils l'auront comprise, que nos gouvernants vous accorderont tout ce qu'il vous faudra.

Vous avez raison, la nouvelle science est très difficile ; mais les difficultés n'en sont pas insurmontables. En ce qui me concerne, je ferai mon possible pour mettre en évidence quelques principes d'aviation, dans des livres ou dans des conférences ; puis Z' Avion n^ 3 en démontre certains, lui-même.

Page 1