‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 13 sur 45 · LE VENT · texte numérisé non relu

LE VENT

dans cette cabine, on sentira le vent produit par cette marche bien normalement au visage pendant qu'au-des* sous la terre fuit obliquement.

Ainsi dans un ballon sphérique sans vitesse propre il n'y a pas de vent.

Dans un ballon dirigeable ayant une vitesse propre Taéronaute ne sent face au visage que le seul vent produit par la rapidité de la marche, quelle que soit la direction suivie. La seule indication qu'il ait qu'il y a du vent, pour un observateur terrestre, est que la terre fuit sous lui obliquement.

Le même phénomène se produit pour l'aviateur.

Donc, une fois qu'on est parti, il n'y a plus de vent ; c'est la terre qui marche et pour atterrir il faut de nouveau s'en préoccuper pour ne pas faucher son infrastructure(').

Il faut d'abord commencer un virage pour ramener la fuite de la terre directement dans le sens du mouvement de l'aéroplane.

L'aviateur alors se trouve en présence de deux cas à partir du moment où il a commencé son virage. Si, plus il tourne, plus la terre fuit avec vitesse et obliquement par rapport à lui, il finira par se trouver dans le sens du mouvement de la terre, mais vent arrière.

En touchant le sol à ce moment il posséderait non seulement sa vitesse propre, mais encore la vitesse du vent terrestre et, s'il est violent, il risquerait d'être roulé. Donc l'aviateur ne doit pas chercher à atterrir dans cet azimut.

Il devra continuer son virage ou l'avoir commencé en sens inverse (f) de manière à voir la terre fuir de nouveau obliquement et revenir peu à peu vers lui avec une vitesse décroissante.

L'aviateur se trouvera donc finalement de nouveau

(1) Pour éviter cet accident, Voisin a imaginé de faire pour Farman des roues orientables, qui lui ont fait gagner un temps précieux en lui permettant d*atterrir sans dommage avant d'avoir appris à conduire.

(3) Un aviateur voyant par exemple la terre fuir sous- lui dans le sens

i8 l'aviation

dans le sens du mouvement de la terre, mais vent debout. A ce moment, s'il diminue sa vitesse propre^ il lui semblera voir la terre s'arrêter peu à peu et il se posera doucement et sans choc sur le sol.

On lira certainement dans le petit livre bleu que les futurs élèves caporaux des compagnies d'aviateurs appelleront la « théorie » et seront obligés d'apprendre par cœur, le passage suivant :

t Pour atterrir, l'aviateur regarde la terre et s'efforce d'arrêter son mouvement. A cet effet il commence un virage. Si la terre continue à fuir plus obliquement et plus vite, il change le sens du virage. Dès que, étant vent debout, l'aéroplane marche dans le sens du mouvement de la terre, l'aviateur se rapproche du sol tangentiellement, puis diminue sa vitesse propre en relevant sans brusquerie toute la voilure de 20°, et la terre s'arrête. Dès que la terre est arrêtée l'aéroplane se pose sans brusquerie et sans choc sur le sol. »

Malheureux élèves caporaux ! — comprendront-ils ?

Mais, en tout cas, le lecteur a compris qu'on ne peut

marqué par la flèche, s'il tourne à droite, verra la terre fuir de plus en plus

à droite et finira par se trouver vent arrière après avoir tourné de plus de 90».

S'il tourne à gauche, la terre fuira de moins en moins à sa droite et il

finira par se trouver vent debout après avoir tourné d'environ 30°. Une simple décomposition dans le parallélogramme des vitesses justifie ce qui précède, mais l'impression n'en est pas moins troublante la première fois qu'il faut l'appliquer en aéroplane.

Page 1