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LE VENT

atterrir que vent debout et que Taviateur, s'il a le vent arrière, doit d'abord faire demi-tour. La même nécessité s'impose d'ailleurs aux bateaux à voile qui rentrent dans le port(*).

Cette digression sur le vent était nécessaire pour répondre à l'objection de ceux qui disent sans réfléchir : « Avec votre système de planeur vous avez plus de facilité de marcher vent debout que vent arrière. »

Tout ce qui précède est rigoureusement vrai, quand le mouvement du vent est une translation uniforme. En général le mouvement est plus ou moins troublé. Néanmoins, entre deux troubles, la théorie précédente s'applique et lorsque à la fin de la période le vent a changé, l'aéroplane ne ressent qu'une diflérence de vent.

Tous les cas se présentent entre les deux extrêmes suivants :

1° Le vent change de force sans changer de direction.

Si la force venant de l'avant croît, l'aéroplane monte avec une tendance à cabrer qu'il faut empêcher. Si la force décroît venant de l'arrière, l'aéroplane tombe avec une tendance à piquer qu'il faut empêcher ;

2° Le vent change de direction sans changer de force.

L'aviateur ne sent qu'un vent venant par le travers qui a une tendance à le faire ballotter et le faire pencher sur un bord. Dès qu'il penche sur un bord, l'aéroplane tourne de ce côté et pour l'en empêcher l'aviateur doit commencer un virage en sens inverse.

En résume, circuler par du vent n'est pas difficile si l'on a ses gouvernails bien en main. Cela est d'autant

(i) La seule différence est que le pilote sait toujours d'où vient le vent, tandis que l'aviateur l'ignorera, surtout quand les vitesses propres seront considérables et les voyages possibles. Au moment d'atterrir, l'aviateur sera réellement obligé de faire une expérience. Une fois en direction avec le mouvement apparent de la terre, s'il est vent arrière, jamais il ne pourra arrêter complètement ce mouvement, alors il fera demi-tour, se trouvera vent debout, tiendra sa vitesse propre égale à celle du vent et la terre lui apparûtra immcbile.

plus facile qu'on a de la force en excès et une vitesse propre plus grande*

Un vent troublé pouvant être considéré comme formé d'une série de pulsations, on ressentira dans le même temps beaucoup plus de ces pulsations quand on marchera vent debout que vent arrière. C'est pourquoi on peut conseiller aux débutants de partir, s'ils le peuvent ('), vent arrière, car leur trajectoire sera troublée moins souvent.

Historique sommaire

On dit que Gayley aurait'pensé à l'aéroplane en 1809 ; mais le premier véritable projet est celui de Henson qui date de i843 (fîg. i), et l'on constate alors de nouveau cette loi sociale qui veut que l'individu reproduise en raccourci l'évolution des choses passées. L'humanité n'est arrivée à la conception de l'aéroplane qu'après les autres types; l'individu fait de même. Cela explique qu'il y ait eu si peu de partisans de l'aéroplane.

Quoi qu'il en soit, la simple inspection du projet de Henson nous montre, à nous qui savons, qu'il est instable ; mais il est muni de tous les accessoires nécessaires à la marche. D'ailleurs, il n'a pu être construit en grand.

Il faut arriver en 1872 avec Penaud pour trouver une réalisation d'un aéroplane stable et mû par un ressort en caoutchouc (fig. 8). Penaud a donné de l'aéroplane (^) et de sa stabilité une théorie primée par l'Académie en 1878 et à laquelle on doit encore se reporter. En somme toutes nos constructions actuelles sont des reproductions grandies de ses modèles, et d'un autre côté les Wright,

(ij Pour pouvoir quitter le sol vent arrière, il faut pouvoir sur le sol acquérir la vitesse du vent, plus sa vitesse de régime. (2) L'Aéronauie, janvier 1872.

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