VI PREFACE
dix ans, a toujours été la création d'une industrie parallèle, par les mêmes moyens qui avaient réussi une fois. Pour réaliser cette conception qui paraissait un rêve à mon entourage, il n'y avait qu'à utiliser un procédé vieux comme le monde, et qui réussit toujours. Il fallait faire des faits, puis parler et écrire sur ces faits.
Les premiers faits se firent attendre trois ans et ce n'est qu'avec mon quatrième aéroplane que je pus exécuter un parcours le 7 décembre 1901. Il m'avait fallu tout ce temps pour découvrir une chose que Lilienthal n'avait pas mentionnée : c'est qu'il s'était servi de vents ascendants pour faire ses vols planés et que sans vent ascendant il est impossible d'en faire.
Ce premier parcours suffisait pour montrer que le coefficient de résistance de l'air à appliquer aux aéroplanes était beaucoup plus grand qu'on ne pensait, et c'était là un précieux encouragement (').
En dernier lieu, il résultait des expériences que la conception d'un aéroplane ne signifiait pas grand'cliose, que sa construction valait déjà mieux, car, pour construire, il fallait solutionner une quantité infinie de détails dont chacun à lui seul constituait une invention, mais que tout cela enfin n'était rien si l'on ne possédait pas le moyen d^ expérimenter et de recommencer l'expérience. C'était là l'apport de Lilienthal. 11 était immense.
(i) Noie publiée aux Comptes Rendus de V Académie des sciences du â5 mars 1907.