‹ L'avocat; comédie en trois actesChapitre 15 sur 68 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Oh! non, monsieur.

C'est pourtant ce qui s'est passé probablement. M. du Coudrais, je ne sais comment, a été dépouillé de son revolver par un de ses amis de rencontre, cet ami l'a tué, soit pour le voler, soit dans une querelle, et ajeté l'arme dans la rivière cent mètres plus loin, là où on l'a trouvée. Si le revolver n'était plus dans le tiroir, c'est que M. du Coudrais l'avait emporté, sachant qu'il allait dans des endroits où il fait bon d'être armé, et que son fusil n'était pas un moyen de défense corps à corps. Voilà ce que vous auriez dû penser et ce que vous auriez dû dire. C'est l'évidence même.

ARMAND

Non. Monsieur avait un autre revolver plus petit, qu'il prenait quelquefois; il disait que l'autre était trop lourd, trop encombrant.

MARTIGNY

II faut bien cependant qu'il l'ait emporté, ce soir-là, puisqu'il a été tué avec.

ARMAND

Je ne sais pas.

MARTIG.N'Y.

Ou alors, il faut supposer que l'assassin s'en est emparé dans la journée.

ARMAND

Je ne sais pas.

Allons, quelqu'un est-il venu voir M. du Coudrais, ce jour-là?

ARMAND

Non, monsieur.

MARTIGNT.

Rappelez-vous bien. Il est impossible qu'il en soit autre-

ment. Un de ces amis bizarres de M. du Coudrais a dû venir pour lui donner quelque rendez-vou?, pour lui emprunter de l'argent... Pendant que M. du Coudrais avait le dos tourné, ou qu'il était allé dans une pièce voisine, l'inconnu a vu le revolver et s'en est emparé. Je vous le répète, il est impossible que les choses se soient passées autrement.

ARMAND

II n'est venu personne.

M ARTIGNY

Ou du moins, vous ne vous rappelez pas qu'il soit venu quelqu'un.

ARMAND

Les visites étaient rares, et quand il en venait une, on le remarquait.

MARTIGNY

Vous comprenez bien l'importance de votre déclaration ? Il ne faudrait pas, parce que vous n'auriez rien dit jusqu'ici, continuer, par peur des reproches.

ARMAND

Il n'est venu personne.

MARTIGNY

Vous n'avez vu personne, mais quelqu'un a pu venir cependant.

ARMAND

Non, monsieur Martigny, c'est toujours moi qui ouvre

la porte.

MARTIGNY, après un silence.

Je vous remercie de vos renseignements.

Armand sort.

Et si c'était lui.^

Lui, Armand, le criminel? J'y ai pensé. Malheureuse-

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