‹ L'avocat; comédie en trois actesChapitre 14 sur 68 · SCENE VI MARTlGxNY, ARMAND, GOURVILLE · texte numérisé non relu

SCENE VI MARTlGxNY, ARMAND, GOURVILLE

MARTIGNY

On vous a montré à l'instruction l'arme qui, parait-il, a servi à tuer M. du CouJrais.

ARMAND

Oui, monsieur.

MARTIGNY

Vous connaissiez ce revolver?

ARMAND

Je crois bien, je le voyais presque tous les matins en faisant le bureau, parce qu'il était dans un tiroir, sur des

papiers, des factures, et que souvent monsieur laissait ce tiroir à demi fermé.

il \ R T I G N Y .

\Était-iI chargé habituellement?

ARMAND

Toujours.

MARTIGNY

L'avez-vous vu, le matin du crime?

Oui, monsieur.

Vous en êtes certain?

ARMAND

Oui, monsieur, certain.

MARTIGNY

Pourquoi?

ARMAND

Parce que j'ai été tout surpris, le lendemain matin, alors que personne ne savait encore rien, de voir le tiroir ouvert, et le revolver absent. Je me suis dit : «C'est drôle, je l'ai encore vu là hier matin. »

MARTIGNY

Vous n'avez fait part de celte surprise à personne ?

A R M AND

On était si bouleversé dans la maison que je n'y ai plus pensé tout de suite. Plus tard, j'ai eu peur qu'on me reproche de n'avoir rien dit, et j'ai continué à me taire.

Mais il n'est pas venu à votre esprit cette idée toute simple, toute logique : « Si le revolver que j'ai vu là hier matin n'y est plus aujourd'hui, c'est que mon maître, hier soir, en sortant, l'a pris avec lui... » Cela n'est pas venu à votre esprit?

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