ACTE PREMIER
vous soyez, vous ne ne pouvez pas comprendre. Laissezmoi parler, ça ira beaucoup plus vite. Voilà : Je vais marier ma fille... Elle va entrer dans la famille des comtes de Branfort... Évidemment, c'est de bonne noblesse... guère meilleure que la mienne, si on voulait bien chercher... Mais enfin, ils se figurent sortis de la cuisse de Louis XIV... Alors, ils ont déjà fait un peu la grimace parce que son frère était mort dans les circonstances que vous savez... Mais enfin, d'être assassiné, ce n'est pas déshonorant, ça peut arriver à tout le monde. Seulement, si on raconte toutes les histoires que vous connaissez, ils trouveront que ça n'est pas reluisant... Vous comprenez ce que je veux dire...
Je ferai de mon mieux...
MONSIEUR DU COUDRAIS
Attendez. Il y a la comtesse, ma femme, une sainte. Alors, pour elle... Vous comprenez, ce que je veux dire.
MARTIGNY
Cette fois, oui, je comprends.
MONSIEUR DU COUDRAIS
Il y a des témoins, des domestiques, qu'on à déjà questionnés. Je voudrais qu'ils ne soient pas cités... A cause des journaux, vous comprenez. A cause des journaux... s'il n'y avait pas de journaux ça me serait bien égal...
MARTIGNY
Je vous affirme, monsieur, que vos derniers arguments me touchent beaucoup. Je vous promets de faire de mon mieux pour ne pas augmenter vos chagrins ni vous en créer de nouveaux... Je serai heureux de vous donner satisfaction si cela est possible sans compromettre la défense... Je ne puis rien vous dire de plus.
JIONSIEUR DU COUDRAIS.
Oui, je vois qu'il faut me contenter de cette promesse... Mais vous êtes un brave homme... Je compte sur votre bonté... Au revoir, monsieur Martigny.
Au revoir, monsieur. {Il lui indique la porte de droite. M. du Coudrais sort lentement; il sonne le domestique qui p.ralt à gauche.) Faites venir la personne qui est avec mi mère.
LEDOMESTIQUE.
Bien, monsieur.
Il sort. Martigny seul se promène de long en large, très préoccupé.