‹ L'avocat; comédie en trois actesChapitre 28 sur 68 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LOUISE

Oui.

MARTIGNY

Alors... C'est bien. [Geste de congé. Elle se lève, fait deux pas vers la porte.) Je croyais, madame, en assumant votre défense dans les conditions où elle m'a été offerte, mériter tout au moins de n'être pas traité par vous comme un ennemi.

LOUISE

Un ennemi! Vous! Je vous le jure, je vous garde une profonde reconnaissance de ce que vous tentez... Vous, un ennemi! Mon Dieu! .. (Les maî«sJoi?î/es.) Mais je vous en supplie, permettez-moi de me taire... Soyez bon, permettez-le-moi! Je ne puis pas, je ne puis pas parler.

MARTIGNY

En parlant, vous sacrifieriez quelqu'un ?

LOUISE

Peut-être.

MARTIGNY

Quelqu'un que vous aimez?

LOUISE

Peut-être? {Dans un cri.) Assez! Assez! De grâce! si vous saviez la force qu'il me faut pour résister à vos prières! Mon Dieu! Je suis à bout ! Ne me défendez pas, cela vaut mieux. Dites que vous ne voulez pas, que vous ne pouvez pas me défendre... Oui, oui, faites cela ! Je vous en prie I

MARTIGNY

Je ne puis pas. Je me suis engagé envers votre père; et à moins que vous, madame, vous n'en marquiez la volonté formelle, je reste votre défenseur.

LOUISE

Soit. Mais ne me demandez plus rien.

MARTIGNY

Je vous obéis, madame. Mais mon devoir professionnel

m'oblige cependant à vous dire le danger que vous courez. Si vous vous montrez, devant le jury, aussi impénétrable, vous risquez la condamnation.

LOUISE

Sans preuves ?

MARTIGNY

Sur des présomptions.

LOUISE, qui a repris son terrible sang-froid. Ce n'est pas moi qui ai tué.

MARTIGNY

Je ne veux plus insister. . Donc vous ne voulez rien me dire? Je vous le demande pour la dernière fois.

LOUISE

Rien.

MARTIGNY

Allez, madame. Je vous défendrai de mon mieux et selon votre volonté.

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