SCENE PREMIERE
LE PRÉSIDENT MARTIGNY, puis M« MARTIGNY, et MADAME MARTIGNY. Au lever du rideau, la scène est vide. Le Président Martigny [85 ans) entre par la droite et se dirige vers la petite libliothèque de gauche où il prend un volume, qu'il consulte sur la petite table. C'est un petit vieillard alerte et soigné. Entre madame Martigny [65 ans], allure de grande bourgeoise.
M A D .\ .M E MARTIGNY
Voilà Edmond.
LE PRÉSIDENT MARTIGNY
Ah! Enfin!
MADAME MA 11 TIGNV.
Il aura passé chez M«Courtalain en descendant du train. Entre M' Martigny [iO ans). Sous le bras une grosse serviette d'avocat qu'il pose sur son bureau.
MARTICNY.
Bonjour, grand-père. Bonjour, maman.
Baiser.
MADAME MARTIGNY
Tu as fait bon voyage ?
MARTIGNY
Excellent... Eh bien, en voilà une aventure! Donnezmoi des détails. M. Lemercier n'a pas su très bien se faire comprendre au téléphone.
LE PRÉSIDENT
Tu as le dossier?
MARTIGNY
En communication seulement. Je n'ai pas voulu l'accepter avant d'avoir causé avec vous... Huit jours avant les assises !... Il faut demander la remise à une autre session.
LE PRÉSIDENT
Ce n'est pas possible.
Enfin, que s'est-il passé au juste?
LE PRÉSIDENT
Lemercier est arrive ici hier matin, afTolé. Il venait d'apprendre que Courtalain, subitement malade, était dans l'impossibilité de défendre madame du Coudrais. J'ai naturellement parlé de remise, mais il m'a fait valoir que sa pauvre fille ne pouvait demeurer encore plusieurs mois sous cette inculpation de meurtre.
MARTIGNY, faiblement.
Elle est en liberté provisoire.