ACTE DEUXIEME
1er les tares physiques et morales de notre enfant. Il s'agit de notre honneur et du bonheur de notre fille. Vous voyez ce que, de tous côtés, on a fait pour sauvegarder l'un et l'autre. Elle a tenu sa parole. Ne l'y faites pas manquer malgré elle. Et après l'audience, comme je lui ai promis, lorsque tout sera terminé, je viendrai vous apporter, pour que vous les détruisiez, ces deux lettres, ces deux déclarations.
LE PRÉSIDENT
Et si le silence que vous imposez à la malheureuse a pour résultat de la faire condamner ?
MONSIEUR DU COUDRAIS
Elle en accepte le risquel
LE PRÉSIDENT
Vous ne voulez pas qu'on sache que votre fils était un débauché, mais vous acceptez l'idée que votre belle-fille soit déclarée coupable d'un meurtre ?
MONSIEUR DU COUDRAIS
Est-ce possible? En sommes-nous là? elle pourrait être condamnée ?
LE PRÉSIDENT
Oui.
MONSIEUR DU COUDRAIS
Alors... Je ne sais plus... Je ne sais plus ce que je dois faire.
11 faut vous en rapporter à moi. Vous m'inspirez une grande sympathie, une profonde pitié. Soyez certain que. tout ce qu'il sera possible de faire pour vous épargner les révélations que vous redoutez, je le ferai.
MONSIEUR DU COUDRAIS
Alors, je m'abandonne à vous, je vous mets entre les mains tout... tout... vous comprenez ce que je veux dire.
LE PRESIDENT
Vous ne savez rien des motifs secrets qui ont poussé madame du Coudrais à son acte ?
MONSIEUR DU COUDRAIS
Rien. [Un silence.) Monsieur Martigny, puis-je promettre à la mère que... les témoins que l'on vous a fait citer, vous renoncerez à leur audition ?
MARTIGNY
Je ne puis pas vous l'affirmer.
MONSIEUR DU COUDRAIS
Alors... Qu'est-ce queje vais lui dire ? Elle sera à l'audience, monsieur Martigny. Ayez pitié d'elle ? Ménagez-la... Ayez pitié d'elle !...
MARTIGNY
Allez, monsieur, je vous le répète, je ferai tout ce qu'il me sera possible pour ne pas accroître votre douleur.
MONSIEUR DU COUDRAIS
Merci. Il sort.