J[ A D A M E JI A R T I G N Y
Tu savais!... Donc, tu n'étais pas sincère!
JI A R T I G N Y
Comment vous expliquerai-je ? Il se produit, chez un orateur, surtout chez un avocat, une sorte de dédoublement mystérieux. Celui qui parlait n'était plus tout à fait moi, et il était convaincu. Comrcent vous faire comprendre que ma parole a créé en moi une conviction contraire à la vérité. Gela est cependant. J'ai été le premier persuadé par les mois que je prononçais. Le premier ému c'était moi et les larmes que vous me reprochez d'avoir fait couler de vos yeux avaient d'abord fait pleurer les miens. On ne sait pas la puissance de la parole : c'est une p"uissance qui peut devenir indépendante de celui qui la prononce. Sortie de lui, elle est autre que lui, elle est plus forte que lui, elle l'envahit, l'absorbe, le domine, l'entraîne. Lorsque l'on s'assied, on est étonné soi-même de ce qu'on a pu dire. Chez nous c'est souvent la parole qui crée la pensée et un mot plus vif en appelle un autre plus vif encore. On marche derrière elle, comprenez-vous, comme un aveugle entraîné par un guide éperdu. Elle al puissante sur celui qui la pro-