‹ L'avocat; comédie en trois actesChapitre 64 sur 68 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

de songer combien mon bonheur aurait coûté aux autres! 11 serait né dans le sang «et dans les larmes... La mère, cette mère en deuil, celle qui vous a jeté son cri de révolte, si vous aviez entendu ses sanglots, vous comprendriez qu'ils sont inoubliables pour moi... Et je ne vous ai pas encore dit tout mon martyre... Ma victime est toujours là !... Le jour, je puis encore, par instants, écbapper au fantôme. Mais mes nuits! mes nuits!... Mon ami, je ne puis vous donner que mon cœur. Vous l'avez, il est à vous... Gardez-le, aussi longtemps que vous voudrez. Sachez que je vous aime, que je vous aimerai toujours, et dites-moi que j'ai raison de m'éloigner de vous. Vous pleurez!... Vous ne me croyez pas!

MARTiGNY, douloureux.

Si je ne vous croyais pas, je ne pleurerais pas. L o*u I s E .

Mon pauvre et cher ami! Vos sanglots me déchirent !e cœur.

Je ne vous verrai plus! """

LOUISE

Nous sommes des condamnés qui ne peuvent espérer

leur grâce. Adieu... Laissez-moi emporter ce livre que

vous m'aviez prêté : la Princesse de Clèves. C'est l'histoire

de deux amants malheureux comme nous... Adieu, mon

ami.

MARTiGNY, lui donnant le livre.

Prenez-le donc, et pensez que, le premier, j'ai pleuré en le lisant et en pensant à vous.

LOUISE

Adieu. La mort cette fois est plus forte que l'amour.

Je ne vous verrai plus ! Toute une vie qui aurait pu être heureuse avec vous, je la passerai sans vous.

LOUISE

Il plane sur les pauvres vivants des forces irrésistibles et méchantes.

JI A R T I G N Y

Mois peut-être... Un jour...

LOUISE, sans force, mais résolue.

Jamais !

Partez donc. Ayez du courage. Moi, je n'en ai plus. Il s'effondre en sanglots. Elle s'éloigne. Arrivée près de la porte, elle lui envoie, des deux mains et de tout son cœur, un ardent baiser.

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